Réseau et mafia au Cambodge

Le Cambodge figure parmi l’un des pays au monde les plus corrompus et les plus pauvre de l’Asie du Sud Est.

Qui dit pauvreté et corruption cela mène à une facilité à faire du trafic en tout genre, notamment la pédophilie, c’est ce que nous allons voir dans cet article.

Un certain dénommé Bruno Mercier, ancien militaire, témoignage d’une certaine réalité d’un réseau français puissant en terme de pédophilie et de trafic d’humain en tout genre : viol, meurtre, snuff film, torture sur des enfants…

Pour ces réseaux très puissants présents dans les pays comme au Cambodge qui vit encore une instabilité, il est très facile pour eux d’acheter le silence des fonctionnaires ou même de l’État.

On parle de franc-maçon, d’une éventuelle complicité avec l’Ambassade de France au Cambodge et d’entreprises françaises.

Comme on dit très souvent : Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Réseau pédophile au Cambodge. La pauvreté, la corruption, l’instabilité…a qui profite la misère ?

Selon plusieurs témoignage dont celui de Bruno Mercier.

On sait que le pays attire beaucoup les pédophiles occidentaux, qui peuvent s’y payer un enfant pour à peine quelque dollars.

Apparemment, certains de ces pédophiles se font coincer par la mafia française qui les fait chanter, ou les recrute dans un gros réseau pédophile installé en Asie et en Europe.

Au Cambodge, les pédophiles sont au paradis.

Il est très facile d’y trouver un enfant des rues pour nuit, à 5$ à peine.

Ravagé par la guerre pendant plus de 20 ans jusqu’aux Accords de Paix, ce pays a commencé à s’ouvrir au milieu des années 90, quand la guerre a pris fin.

A ce moment-là, il y avait dans le pays plusieurs dizaines de milliers de prostituées mineures sur plus de 50.000 recensées dans le pays entier, et 25.000 enfants abandonnés trainaient dans les rues de Phnom Penh, la capitale.

Le trafic d’enfants n’y a jamais cessé et continue encore aujourd’hui, mais heureusement, se dit-on, des ONG luttent contre ce fléau.

Le témoignage de Bruno Mercier

Il explique qu’une société tenue par des français mais de droit cambodgien, appelée Triangle Holding, avait des activités très louches.

Alors que cette boîte disait aider les enfants en tant qu’ONG et publier des journaux, Mr Mercier ce serait aperçu qu’elle employait une dizaine de policiers pour constituer des dossiers sur des pédophiles occidentaux, afin de les faire chanter ensuite et de les enrôler ainsi dans un vaste réseau pédophile en Europe.

Il dit avoir partagé un repas avec le directeur de Triangle et un ancien policier, au cours duquel il a été question « de monter » un chantage contre TOTAL Birmanie.

Les chantages pouvaient toucher n’importe qui à partir du moment où il y avait de l’argent à récupérer.

Des journalistes français de passage au Cambodge pour des reportages pouvaient aussi se faire coincer de la même manière.

Ensuite, la mafia leur demandait de diffuser dans leurs médias respectifs des infos sur des pédophiles qu’elle avait filmés en présence de mineurs, ou sur lesquels elle avait un dossier compromettant.

Des occidentaux, diplomates, cadres de grands groupes et même des anonymes se sont fait avoir de cette manière. Bruno Mercier cite le cas d’un américain dirigeant de Time Warner en Asie du Sud Est qui avait été approché par une prostituée/mannequin pour le compte de la mafia, et qu’on avait ensuite fait chanter.

Il y a aussi le cas de l’ambassadeur de France au Cambodge, qui trempait dans un trafic d’œuvres d’art khmers.

Les films réalisés lors de ces séances arrivaient jusqu’en Europe grâce aux miracles de la « valise diplomatique », au départ des aéroports cambodgiens.

Plusieurs boîtes de production locales étaient et sont encore probablement mêlées à ce trafic.

Cette fameuse tradition de valide diplomatique, cela implique au minimum une connexion entre l’ambassade de France au Cambodge et la mafia pédocriminel en question.

En outre, les responsables des valises diplomatiques dans les aéroports du Cambodge (tous contrôlés par le groupe Vinci) étaient liés à cette mafia.

Il semblerait qu’il s’agit d’une très vieille tradition française au Cambodge et ailleurs aussi en réalité.

Il y a bien longtemps, André Malraux, notre ministre de la culture, ce grand homme de lettres, s’est fait coincer au Cambodge pour avoir volé des têtes de statues anciennes khmers et il a même fait plusieurs mois de prison pour cela, avant que sa femme ne le fasse libérer en payant une forte somme.

Une corrélation avec l’affaire du Juge Borrel ?

Par la suite, Mr Mercier raconte que ce même réseau puissant est également présent en même temps à Djibouti. tout ceci à l’époque de la mort de Borrel.

Un certain Calabro, truand qui a fui Djibouti pour le Cambodge à l’époque de l’assassinat du juge Borrel. Cet homme a un grand ami qui est justement en charge des valises diplomatiques à l’aéroport de Phnom Penh.

Un flic de l’ambassade de France au Cambodge appelé M., qui est reparti au Cambodge après avoir conclu contre toute logique au suicide de Borrel.

Mercier évoque une affaire de conteneurs dans lesquels des armes prises aux Khmers Rouges au Cambodge fin 1993 et que l’armée française a déclaré avoir détruites à 60%, ont été livrées à Djibouti dans des containers estampillés « papier hygiénique ».

Une partie des armes se serait ensuite retrouvée au Rwanda.

Est-ce tout ceci aurait a été découvert par le juge Borrel ? Est-ce que la mafia est derrière ce transport d’armes ? Où ont-elles été distribuées ensuite?

Le doute est toujours permis.

Bruno Mercier dit aussi qu’il a été menacé par les services français au cas où il parlerait de tout cela à la justice.

En outre, on retrouve cette histoire de pédophilie en réseau à Djibouti au milieu des années 90.

«Madame Borrel dit que la pédophilie a été amenée en 1994 avec le prêtre qui devait s’occuper d’enfants perdus. Pourquoi 1994 ? » s’interroge Mercier, avant de préciser « En 1993 l’opposition à l’armée djiboutienne (FRUD) avait toujours le dessus, et d’un seul coup Djibouti reçoit des armes« .

L’intérêt est clair, car comme le dit Mercier, « Plus il y a d’affaires de pédophile, plus les autres trafics sont couverts« .

Que fallait-il couvrir, avec cette affaire de conteneurs d’armes, livrés à Djibouti ?

On peut toujours se poser des questions.

L’interview complet de Bruno Mercier avec l’Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti (ARDHD)

ARDHD: Monsieur Mercier, nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation pour nous présenter votre livre et peut-être nous en dire un peu plus … sur ce que vous avez découvert. Comme vous le savez, notre Association a pour mission la Défense des Droits de l’Homme à Djibouti et nous n’avons aucune compétence en dehors de ce thème et de cette zone géographique : la Corne de l’Afrique.

C’est dans ce cadre que nous suivons l’évolution de l’enquête sur le meurtre Bernard Borrel et nous sommes intéressés par vos informations à ce sujet.

Si vous le voulez bien, nous aimerions pour commencer que vous puissiez nous parler des liens de cette mafia avec Djibouti et avec certaines personnalités qui y résident ou qui s’y rendent fréquemment….

ARDHD : D’abord, pourquoi avez-vous écrit et publié ce livre ? Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur vos motivations …

Bruno Mercier : Cela fait 10 ans que j’essaie de dénoncer les activités de cette mafia. qui n’a plus aucune limite pour renforcer son pouvoir et qui manipule à outrance, par tous les moyens, des personnes honnêtes, des responsables d’entreprise ou même des fonctionnaires français en poste à l’étranger.

ARDHD : Comment avez-vous découvert l’existence de cette mafia. En général ce mode de fonctionnement est très discret .. Comment y avez-vous eu accès ?

BM : Quand j’étais encore militaire et en activité, j’ai participé, durant mes congés, à un voyage associatif en Asie du Sud-est. Informée, la Direction Protection Sécurité Défense m’avait demandé de me rapprocher de certains Français que j’avais rencontrés. Elle souhaitait avoir plus d’informations sur les activités d’une société de droit cambodgien tenue par plusieurs de ces français, Triangle Holding.

ARDHD : Qu’avez-vous découvert une fois arrivé au Cambodge ?

BM : Alors que cette société prétendait agir pour la protection les enfants, j’ai découvert qu’elle faisait exactement l’inverse. Ces Français employaient une dizaine de policiers pour constituer des dossiers sur des pédophiles occidentaux, afin de les faire chanter ensuite et de les enrôler ainsi dans un vaste réseau pédophile en Europe.

J’ai partagé un repas avec le directeur de Triangle et un ancien policier, au cours duquel il a été question “de monter” un chantage contre TOTAL Birmanie. Les chantages pouvaient toucher n’importe qui à partir du moment où il y avait de l’argent à récupérer.

ARDHD : Mais qui visaient ces chantages ?

BM : Différentes personnes. Par exemple des journalistes français pour mieux maîtriser la communication. Triangle Holding était organisée comme une véritable agence de renseignement et elle surveillait les faits et gestes des responsables politiques cambodgiens, dont l’actuel Premier Ministre Hun Sen.

Parallèlement, ces mafieux correspondent avec des officiers de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) à qui ils envoient des faux dossiers sur des expatriés ou des musulmans, en alertant, par exemple, sur le fait qu’ils prépareraient des attentats visant la France.

ARDHD : La pédophilie est-elle l’activité principale de cette mafia ?

BM : La pédophilie n’est pas l’essentiel : elle ne sert qu’à faire diversion pour camoufler d’autres activités bien plus lucratives comme le trafic de drogues, d’armements, de fausses monnaies ou le blanchiment d’argent. Elle sert aussi à faire vivre la base de cette mafia.

Les activités pédophiles peuvent aller, comme cela a été le cas au Cambodge, de films sur des enfants qui se font violer jusqu’à ceux qui se sont tuer dans des souffrances atroces.

ARDHD : Connaissez-vous des ressortissants étrangers, victimes des agissements de cette mafia ?

BM : Je peux vous donner à titre d’exemple, mais il n’est pas le seul, le cas de cet américain, dirigeant de TIME WARNER. La mafia l’avait fait approcher par une prostituée cambodgienne jusqu’à ce qu’il leur soit soumis.

Dix ans après les faits, la mafia a pu piéger d’autres dizaines d’américains. Une fondation US a d’ailleurs remis un prix d’un million de dollars à une ONG cambodgienne créée par la mafia qui a ses bureaux à Marseille. Ce n’est là qu’un exemple du résultat des manœuvres contre ce dirigeant de TIME WARNER.

ARDHD : En nous rapprochant de nos domaines d’observation. Voyez-vous des connexions avec cette mafia et l’assassinat du juge Borrel ?

BM : Il y a des protagonistes communs au Cambodge et à Djibouti. Je citerai, entre autres,

Calabro qui est un malfaiteur ayant fui Djibouti pour le Cambodge à la même époque que celle de l’assassinat du Juge,

Romani dont l’un des associés venant de l’île de la Réunion se retrouva égorgé au Cambodge,

l’ex-Préfet MARCHIANI qui a été cité sur un procès verbal de police comme étant le patron de ce réseau de mafieux et qui avait au milieu des années 1990 une société d’import-export à Djibouti.

– le policier Minianna que je retrouve au Cambodge après son séjour à Djibouti durant lequel il avait conclu au suicide du juge.

Ce n’est pas suffisant, certes, pour affirmer que ces personnes sont des mafieux ou des acteurs de l’assassinat.

Mais il faut savoir que les mafieux touchent à tous les trafics.

J’avais été mis dans la confidence du départ de conteneurs maritimes vers la Corne d’Afrique. On peut toujours se poser des questions légitimes sur les liens entre le Cambodge et Djibouti.

Dans mon livre, j’explique que les connexions entre toutes ces personnes sont fortes et qu’elles remontent à plusieurs années.

ARDHD : La mafia est-elle principalement Corse ?

BM : En aucune façon, puisque des Corses comme Paul Virgitti, Charles Ariotti et bien d’autres ont été les victimes de cette mafia ou qu’ils ont fait l’objet de manœuvre de sa part. Je reçois d’ailleurs en ce moment même beaucoup de soutien de la part de Corses.

ARDHD : Pourquoi, selon vous, la Justice française n’arrive pas à établir la vérité sur l’assassinat du Juge Borrel ?

BM : Ce sont des gens honnêtes qui sont les cibles de cette mafia et qui se font manipuler par elle. Ce que j’en sais, à partir de mon expérience du Cambodge, c’est que les mafieux se font souvent passer pour des agents des services de renseignement français.

Ils sont tellement persuasifs, que des personnes de bonne foi peuvent réellement croire servir la France en suivant les ordres de ces usurpateurs. Lorsque cela est nécessaire, les mafieux se font aussi passer pour des Franc-maçons pour s’acheter une honorabilité.

Tout leur système repose sur la manipulation des témoins qui vont devenir des complices sans s’en apercevoir. Et puis, il y a les compromissions et les chantages organisés envers des fonctionnaires français. L’ambassadeur de France au Cambodge en a été la victime. Le même scénario est plausible à Djibouti.

ARDHD : Nous avons suivi les développements judiciaires avec ARJOWIGGINS et avec le couple J… dont le mari nous avait téléphoné pour démentir vos affirmations. Où en êtes-vous ?

BM : les différentes plaintes devant la justice devraient parvenir à leur fin très prochainement. Afin de pas interférer avec une procédure en cours, vous comprenez que je sois tenu à un devoir de réserve. Pour ce qui est des J…, c’est maintenant un couple à la dérive. Le gendarme a dû quitter l »institution militaire. Bien qu’il s’en défende, je maintiens qu’il détient des pièces compromettantes liées à l’assassinat du juge Borrel.

Ce que l’on peut craindre c’est qu’ils soient victimes d’un accident avant que la justice ne puisse récupérer ces documents et ces supports informatiques.

ARDHD : Pourquoi être sorti de votre silence près de 10 ans après votre séjour au Cambodge et près de 15 ans après la mort du juge ?

BM : En fait, je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises, en ma qualité de militaire puis de civil. A mon retour du Cambodge, j’ai fait mon compte-rendu à la DPSD et j’ai été menacé au cas où je révélerais quelque chose aux justices française et américaine.

Ce que j’ai néanmoins tenté de faire mais sans résultat. Je n’y ai gagné que des menaces et trois agressions. Il y a cinq ans, ce sont des enquêteurs du service des affaires criminelles de l’inspection de la Gendarmerie qui m’ont posé toute une série de questions en qualité de témoin dans le cadre d’une procédure officielle.

Par mes réponses, j’ai donné sans le savoir à l’époque des informations sur l’affaire Borrel. Ce n’était qu’en 2007, que j’ai découvert par un journaliste les détails cette affaire dont je n’avais que vaguement entendu parler.

J’ai compris alors qu’en 2000, j’avais mis les pieds dans un réseau mafieux international. Et je suis allé apporter spontanément mon témoignage à la Juge Sophie Clément. Depuis, j’ai encore trouvé des éléments qui pourraient être utiles pour l’instruction.

ARDHD : Monsieur Mercier, un grand merci pour toutes ces réponse et pour votre sincérité. Nous recommandons votre ouvrage à nos lecteurs : “La Mafia française, ses méthodes, ses réseaux”

Voir : Texte de la plainte déposée par Mr Mercier en 2009

A prendre les informations avec recul et pincette…

Même si nous savons tout que les réseaux pédophiles, la corruption, les valides diplomatique et tout trafic en tout genre dans les pays sous-développés comme au Cambodge est une réalité.

Il est important de garder un certain recul par rapport à toute ses informations, car il serait également fort probable que Mr Mercier était lui même lié avec ces réseaux. Puisque il dit lui même qu’il était infiltré dans ses réseaux mais prétend avoir toujours refusé de participer à cela.

De plus il fait probablement partie de la franc-maçonnerie, lui même donc complice en quelque sorte de réseaux puissant en France.

Malgré tout, le témoignage de Mr Mercier est intéressant car il permet de mettre en lumière les magouilles.

L’auteur veut faire porter les tares de la Franc-Maçonnerie à toutes les organisations sauf à la F.M.

Il martèle que les franc-maçons sont de bonnes gens tout vertueux, et dit même qu’ont à tenté à tort (bien sûr) de faire accuser la franc-maçonnerie dans le suicide-assassinat du magistrat Borrel.

Le livre à quand même un intérêt mineur, tout n’est pas à jeter car il explique assez bien les manigances de certains militaires, de certains policier ect.. pour manigancer un montage afin de piéger la cible.

Ils étudient la personne, ses vices surtout et lui tendent un guet-apens bien sûr photos et vidéos seront là pour procéder à un chantage.

Retrouver le livre de Mr Mercier

Un extrait gratuit au format PDF

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Entretien avec le dirigeant chinois Mao Zedong et les Chefs Khmers Rouges en 1974

Mao Zedong, qui a dirigé la Chine d’octobre 1949 jusqu’à sa mort en septembre 1976, a façonné les fondements idéologiques des relations internationales de la Chine et a joué un rôle central dans l’établissement de relations avec les alliés et les ennemis de la Chine. Cette collection rassemble des conversations tenues entre Mao et des dirigeants étrangers à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du bloc communiste afin d’offrir un aperçu de la vision du monde de Mao et des développements majeurs de l’histoire intérieure et des relations étrangères de la Chine. Voir aussi la collection: Conversations avec Zhou Enlai . ( Image : Le président Richard Nixon serre la main du président Mao Tse-tung, 21 février 1972, NAID 194759)

Une transcription d’une conversation que le dirigeant chinois Mao Zedong aurait eu avec des dirigeants cambodgiens en 1974, soit 1 an avant la montée au pouvoir des Khmers Rouge au Cambodge. . Ils ont été récemment mis à disposition par les archives numériques.

Cet entretien avec Mao Zedong a été nouvellement découvert dans les archives secrètes.

Résumé du document :
Mao s’entretient avec Khieu Samphan, Ieng Sary et le prince Sihanouk. Ils discutent de la guerre civile au Cambodge, des principales personnalités politiques de ce pays et de l’expérience révolutionnaire de la Chine.

Entretien avec Khieu Samphan et Ieng Sary, chef et chef adjoint de la délégation du Front national uni et du gouvernement royal de l’Union nationale du Cambodge

2 avril 1974

Khieu: Nous avons toutes les conditions pour s’engager dans une guerre prolongée. Les gens sont mentalement préparés à cela. Les conditions économiques sont également en préparation et nous sommes autosuffisants en provisions et en vêtements. La situation intérieure actuelle indique qu’il nous est possible de remporter la victoire dans un laps de temps plus court.

Président: Il vaut mieux le garder plus longtemps, en faire un combat à long terme. Si c’est une victoire remportée à court terme, c’est aussi bien.

Khieu: C’est vrai.

Président: Depuis combien d’années vous battez-vous?

Prince Sihanouk [désormais appelé Sihanouk]: Quatre ans et un mois. Nous avons commencé à nous battre en mars 1970.

Président: Préparez – vous (à combattre) encore six ans, et faites-en dix ans au total. C’est l’idée. Mais c’est aussi bien si vous n’avez besoin que de quatre ou trois ans pour résoudre le problème.

Sihanouk: C’est vrai.

Président: Nous nous sommes battus pendant 22 ans et avons commis de nombreuses erreurs. Qui est le camarade Ieng Sary? Quelle est votre opinion là-dessus?

Ieng Sary [désormais appelé Ieng]: Je suis tout à fait d’accord avec le président Mao et je suis prêt pour une lutte prolongée. (Mais) comme l’a dit le vice-Premier ministre Khieu Samphan, les conditions sont désormais réunies pour une victoire plus rapide.

Président: Les deux princes, souhaitez-vous les renverser ou vous joindre à eux? [Tout le monde rit]

Khieu: Nous sommes unanimes dans nos vues, et il n’y a aucune raison de les renverser.

Sihanouk: Son Excellence le Président parle de l’avenir. [Tout le monde rit]

Khieu: Le but de l’union est d’unir nos forces pour faire tomber l’impérialisme et restaurer un Cambodge neutre et indépendant à l’avenir.

Président: Ah.

Ieng: La révolution cambodgienne, qui a eu lieu avec l’aide de la Chine et du (nord) Vietnam, a ses propres particularités. Notre révolution comprend des gens de toutes les classes sociales. En d’autres termes, nous n’excluons aucune strate de la société. Nous avons toutes les raisons d’unir tout le monde, et il n’y a aucune raison d’aliéner les gens d’une strate particulière.

Président: Il faut exclure la clique de Lon Nol et s’unir aux deux princes. Je suis d’accord avec votre ligne directrice. Vous deux princes, vous ne devez pas non plus les attaquer [en référence à Ieng Sary et Khieu Samphan]. [Tout le monde rit]

Sihanouk: Avec la libération du Cambodge, je compte me retirer complètement de la vie politique. Je l’ai dit ouvertement tant de fois dans le passé.

Ieng: Nous pensons que le prince Sihanouk est un grand patriote. Il a résisté à l’épreuve et a participé à la lutte pour sauver le pays. Ce n’est pas seulement mon point de vue personnel, mais aussi celui de notre pays (en référence aux dirigeants khmers rouges au Cambodge). Nous pensons que la forme de gouvernement au Cambodge n’est pas importante. Ce qui est important, c’est le fond, à savoir que nous devons avoir une vraie démocratie. J’avais soulevé ce point à plusieurs reprises avec le chef de l’Etat et le Premier ministre. Récemment, les dirigeants de notre pays ont également souscrit à mon opinion.

Président: Quels sont les noms des dirigeants de votre pays?

Ieng: Hou Yuon et Hu Nim.

Sihanouk: Et Son Sen. Il est le chef d’état-major.

Président: Je parle du Parti communiste.

Sihanouk: Ils sont tous du Parti communiste.

Premier (Zhou Enlai): Le président fait référence aux principaux dirigeants.

Président: Je ne les ai pas vus.

Sihanouk: Et aussi le prince Phurissara. Nous sommes un front uni et il n’y a pas de factions de parti à l’intérieur. Les communistes cambodgiens ont leurs propres particularités. Ils n’ont jamais créé de parti et n’ont annoncé qu’un principe politique soutenant le front uni.

Ieng: Le Comité militaire national dirige nos opérations militaires nationales.

Sihanouk: Il y a Saloth Sar (Pol Pot), Nuon Chea et Son Sen.

Ieng: Nous avons créé un comité militaire dirigé par un leadership collectif. Khieu Samphan préside ce comité. Il est dirigé par Son Sen, maintenant qu’il (Khieu) effectue des visites à l’étranger.

Président: Ne marmonnez pas et ne marmonnez pas. Soyez simple. Les deux [se référant à Khieu Samphan et Ieng Sary] représentent le Parti communiste. Les deux [se référant à Sihanouk et Penn Nouth] représentent un autre parti. Les deux partis unissent leurs forces pour renverser le parti contre-révolutionnaire de Lon Nol. Il vaut mieux ne pas marmonner ni marmonner. Dis la vérité. Les chefs du front uni sont tous les deux [se référant aux deux princes] et lui [se référant à Ieng Sary). [A Khieu Samphan] Je pense que vous aussi, vous ressemblez à un communiste. [Tout le monde rit]. Ne gardez pas les deux princes dans l’obscurité.

Premier: Les deux princes savent que vous êtes du Parti communiste, mais ils sont prêts à être amis avec la Chine.

Sihanouk:Une fois la guerre terminée et le pays libéré, il n’y aura pas de querelle entre nous. Le prince Penn Nouth et moi avons véritablement et sincèrement aidé les communistes cambodgiens à consolider le résultat de la révolution populaire. Le pouvoir politique dans le pays est maintenant remis au peuple. J’ai remis le gouvernement, l’administration, l’armée et la police. Nous avons déjà mis en œuvre les changements. Après la fin de la guerre, même si je voulais faire tomber les communistes cambodgiens, ce serait impossible de le faire, car l’armée et le gouvernement ne sont plus entre mes mains. Je n’ai rien. Lon Nol a pu me renverser parce que j’ai abandonné le contrôle de l’armée, et bien sûr de la police aussi. Le président Kim Il-Sung m’a dit que si l’armée avait été sous mon contrôle, Lon Nol n’aurait pas été en mesure de lancer un coup d’État.

Quiconque contrôle l’armée a le pouvoir politique. Je me bats maintenant avec les communistes cambodgiens pour une cause commune. Je n’ai aucune ambition pour l’avenir. Je pense que ce pouvoir devrait leur appartenir à l’avenir. Ce sont les jeunes et devraient être légitimement au pouvoir. Certains se demandent, où sont les Sihanoukistes dans le front uni? ; à l’origine, il y en avait un bon nombre, mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. Je me bats maintenant avec les communistes cambodgiens pour une cause commune. Je n’ai aucune ambition pour l’avenir. Je pense que ce pouvoir devrait leur appartenir à l’avenir. Ce sont les jeunes et devraient être légitimement au pouvoir. Certains se demandent, où sont les Sihanoukistes dans le front uni? ;

à l’origine, il y en avait un bon nombre, mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. Je me bats maintenant avec les communistes cambodgiens pour une cause commune. Je n’ai aucune ambition pour l’avenir. Je pense que ce pouvoir devrait leur appartenir à l’avenir. Ce sont les jeunes et devraient être légitimement au pouvoir. Certains se demandent, où sont les Sihanoukistes dans le front uni? ; à l’origine, il y en avait un bon nombre, mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. Je pense que ce pouvoir devrait leur appartenir à l’avenir. Ce sont les jeunes et devraient être légitimement au pouvoir.

Certains se demandent, où sont les Sihanoukistes dans le front uni? ; à l’origine, il y en avait un bon nombre, mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. Je pense que ce pouvoir devrait leur appartenir à l’avenir. Ce sont les jeunes et devraient être légitimement au pouvoir. Certains se demandent, où sont les Sihanoukistes dans le front uni? ; à l’origine, il y en avait un bon nombre, mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite, et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout.

J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère. mais maintenant leur représentation dans le front uni est trop petite, et elle est déséquilibrée; les communistes contrôlent tout. J’ai répondu que ceux qui étaient autrefois sihanoukistes sont maintenant allés soutenir Lon Nol et Nixon, et ils ne sont plus avec moi. Il est donc tout à fait normal que les communistes soient à l’avenir au pouvoir dans un Cambodge indépendant qui rejette toute domination étrangère.

Président: C’est bien.

Sihanouk:Merci Monsieur le Président. Les communistes cambodgiens ont également été très bons avec moi. Ils ont dit qu’il n’était pas nécessaire de changer la forme de gouvernement, mais de le renommer République du Cambodge. (Mais) le Cambodge a ses propres caractéristiques spéciales, et il devrait conserver le nom d’un royaume. Ce qui importe, ce n’est pas la forme mais le fond. Votre Excellence avait déjà souligné en 1970 que la République populaire de Chine est un pays communiste, mais elle soutient le Royaume du Cambodge. Ce qui a une importance décisive, c’est la substance. La Chine ne soutient ni la République du Vietnam de Nguyen Van Thieu ni la République de Corée de Park Chung-hee. Le royaume cambodgien est révolutionnaire. Le pouvoir politique n’est pas entre les mains d’un prince comme moi, mais entre les mains du peuple. Nous mettons la vraie démocratie en pratique. Nous luttons contre l’impérialisme et toutes les forces du mal. Les communistes cambodgiens sont entièrement d’accord avec les vues du président Mao et ont accepté de préserver la forme orthodoxe vieille de deux mille ans du royaume et de conserver le drapeau et l’hymne national du royaume.

En réalité, le Cambodge est déjà entré dans une ère révolutionnaire. Je suis simplement le chef de l’Etat et je n’ai pas de pouvoir politique. Je suis tout à fait d’accord que le peuple doit détenir le pouvoir. C’est-à-dire que les représentants du peuple, Khieu Samphan et son équipe, devraient détenir le pouvoir politique. J’ai formellement énoncé ma position et je pense qu’ils devraient être au pouvoir. Il n’y aura pas de bouleversement domestique à l’avenir, et je ne me disputerai pas avec eux à ce sujet. Les communistes cambodgiens sont entièrement d’accord avec les vues du président Mao et ont accepté de préserver la forme orthodoxe vieille de deux mille ans du royaume et de conserver le drapeau et l’hymne national du royaume. En réalité, le Cambodge est déjà entré dans une ère révolutionnaire. Je suis simplement le chef de l’Etat et je n’ai pas de pouvoir politique. Je suis tout à fait d’accord que le peuple doit détenir le pouvoir. C’est-à-dire que les représentants du peuple, Khieu Samphan et son équipe, devraient détenir le pouvoir politique.

‘ai formellement énoncé ma position et je pense qu’ils devraient être au pouvoir. Il n’y aura pas de bouleversement domestique à l’avenir, et je ne me disputerai pas avec eux à ce sujet. Les communistes cambodgiens sont entièrement d’accord avec les vues du président Mao et ont accepté de préserver la forme orthodoxe vieille de deux mille ans du royaume et de conserver le drapeau et l’hymne national du royaume. En réalité, le Cambodge est déjà entré dans une ère révolutionnaire. Je suis simplement le chef de l’Etat et je n’ai pas de pouvoir politique. Je suis tout à fait d’accord que le peuple doit détenir le pouvoir. C’est-à-dire que les représentants du peuple, Khieu Samphan et son équipe, devraient détenir le pouvoir politique. J’ai formellement énoncé ma position et je pense qu’ils devraient être au pouvoir. Il n’y aura pas de bouleversement domestique à l’avenir, et je ne me disputerai pas avec eux à ce sujet. Je suis simplement le chef de l’Etat et je n’ai pas de pouvoir politique. Je suis tout à fait d’accord que le peuple doit détenir le pouvoir. C’est-à-dire que les représentants du peuple, Khieu Samphan et son équipe, devraient détenir le pouvoir politique. J’ai formellement énoncé ma position et je pense qu’ils devraient être au pouvoir.

Il n’y aura pas de bouleversement domestique à l’avenir, et je ne me disputerai pas avec eux à ce sujet. Je suis simplement le chef de l’Etat et je n’ai pas de pouvoir politique. Je suis tout à fait d’accord que le peuple doit détenir le pouvoir. C’est-à-dire que les représentants du peuple, Khieu Samphan et son équipe, devraient détenir le pouvoir politique. J’ai formellement énoncé ma position et je pense qu’ils devraient être au pouvoir. Il n’y aura pas de bouleversement domestique à l’avenir, et je ne me disputerai pas avec eux à ce sujet.

Président: Les querelles sont inévitables mais ne sont pas divisées. Ayez de petites querelles mais une grande unité. [Tout le monde rit]

Sihanouk: Je suis totalement d’accord avec le point de vue du président. Le genre de querelle dont je parlais est une situation grave comme celle d’être au bord d’une guerre civile.

Président: Ce n’est pas comme ça.

Sihanouk: Avec la fin de la guerre, la tâche de reconstruire le Cambodge sera ardue. Nous devons essayer d’éviter autant que possible les querelles incessantes. La question de la forme de gouvernement a été complètement résolue et les communistes cambodgiens ont ouvertement exprimé leur point de vue. Nous étions historiquement un royaume, mais je suis d’accord avec la création d’une république. Cependant, comme je suis un prince, je ne peux pas trahir mes ancêtres ou laisser tomber mon peuple. Par conséquent, j’accepte de conserver le royaume. La forme n’a pas d’importance. Ce qui est important, c’est la substance, c’est-à-dire établir le régime politique du peuple. Maintenant, tous les problèmes ont été résolus.

Président: Vous êtes vraiment généreux.

Sihanouk: Ce n’est pas que je sois généreux. C’est plutôt le résultat naturel de l’évolution de la situation. Divers facteurs ont conduit à cette situation. Les forces patriotiques de tous bords se sont réunies pour créer la situation telle qu’elle est aujourd’hui. Comme Ieng Sary, l’envoyé spécial, l’a dit, la révolution cambodgienne ne ressemble à aucune autre révolution et elle a ses caractéristiques particulières.

Président: Nous nous querellions également au sein de notre parti. Nous avons eu 10 querelles en 50 ans. Le plus récent était avec Lin Biao. Lin Biao n’était pas aussi gentil qu’eux [se référant aux deux princes] le sont. Lin Biao était pourri jusqu’au cœur!

Votre cause réussira, mais je doute un peu. Par exemple, pour dire que 90% de la terre [a été libérée], comment cela peut-il être autant?

Premier: Et 80% de la population, est-ce vraiment autant?

Sihanouk:Ce n’est pas de la propagande mais objectivement parlant. Les zones libérées pourraient en réalité compter 5,5 millions de personnes. Les zones occupées par Lon Nol, principalement les grandes villes comme Phnom Penh et comprenant Battamabang, Kampong Cham – Kampong Cham n’a pas beaucoup d’habitants – Sihanoukville et Kampong Thom, etc., ont une population de plus de 2 millions d’habitants. les gens si vous les additionnez tous. Ceux des zones libérées sont tous des producteurs, tandis que la plupart des 2 millions d’habitants de Lon Nol sont des consommateurs. Le président Nixon n’avait donc d’autre choix que d’augmenter son aide à Lon Nol. L’aide doublera chaque année au fur et à mesure que la guerre se poursuivra. L’aide alimentaire et financière a dû être augmentée. Le riz, la viande, etc., doivent être transportés des États-Unis par avion. Ainsi, la république de Lon Nol dépend des impérialistes américains. Les Américains l’aident à le maintenir.

 

La difficulté à laquelle nous sommes confrontés dans les combats est que, même si la Chine nous a souvent fourni une aide abondante, le matériel militaire est difficile à transporter. Nous n’avons donc ni marine, ni force aérienne, ni chars, alors que Lon Nol a l’avantage à cet égard. Lon Nol possède également de l’artillerie lourde. Nous avons aussi des canons d’artillerie et des obus, mais ils ont tous été capturés à l’ennemi. De plus (l’ennemi a) les mercenaires. Nixon a organisé des mercenaires de Thaïlande, du Laos et du Sud-Vietnam, et ces personnes appartiennent toutes à la Central Intelligence Agency américaine. Maintenant, nos frères (nord) vietnamiens ne nous aident plus à combattre la guerre. Ils veulent mettre en œuvre les accords de paix de Paris. Par conséquent, nous sommes complètement seuls dans cette guerre. Seuls les Cambodgiens sont impliqués dans le combat. Les Américains disent qu’il y a aussi des Vietnamiens (du Nord), mais nous avons dit non. Nous demandons aux Vietnamiens (du Nord) de ne pas nous aider à combattre. Nous demandons seulement qu’ils nous aident pour le transport.

Président: Être autonome, c’est bien.

Sihanouk: Et c’est la situation réelle.

Président: Nous aussi n’avions pas de chars, pas de marine et pas d’aviation dans le passé. Nous n’avions que des forces terrestres. Nous nous sommes battus pendant 18 ans, avec Chiang Kai-Shek, et avec les Japonais. Plus tard, nous nous sommes à nouveau battus après la paix (de la Seconde Guerre mondiale). Ensuite, nous avons combattu les Américains en Corée, mais nous avons envoyé l’armée de volontaires. Nous nous sommes battus pendant 25 ans au total.

J’ai lu Confucius pendant six ans, le capitalisme pendant sept ans, et (à cette époque) je n’avais jamais entendu parler ni de Marx ni de Lénine. Je n’étais pas aussi progressiste que les deux princes [tout le monde rit]. Plus tard, Chiang Kai-Shek a commencé à tuer des gens! Nous étions 50 000 et il en a tué 10 à 20 000. La révolution a échoué. Certaines personnes ont fait défection à Chiang Kai-Shek et d’autres sont devenues trop pessimistes pour continuer. Il nous restait environ 10 000 personnes. En fin de compte, nous avons battu Chiang Kai-Shek, les Japonais et les Américains.

La Révolution d’octobre m’a donné une éducation. C’était principalement parce que Chiang Kai-Shek tuait des gens. J’étais un enseignant d’école primaire, un chef d’enfants [tout le monde rit]. Je n’avais jamais pensé à faire une guerre dans les montagnes! Alors que Chiang Kai-Shek tuait des gens, il était impossible de rester dans la ville et nous avons été obligés de monter au mont Liang (une phrase de la Chinese Classic Water Margin , signifiant mener des luttes après avoir été conduites au désespoir). J’ai combattu pendant dix ans et accumulé une certaine expérience. Je n’étais plus institutrice. Les Japonais sont venus et nous nous sommes battus pendant encore huit ans. Par la suite, nous avons combattu Chiang Kai-Shek pendant encore 4 ans, puis les Américains pendant encore 3 ans.

Premier: 25 ans (au total).

Président: J’ai donc 81 ans cette année et j’ai passé plus de 20 ans à me battre. À propos des guerres, vous l’apprendrez une fois que vous aurez commencé. [Tout le monde rit]

Sihanouk: C’est vrai.

Président: Vous ne le comprendrez pas si vous ne vous battez pas.

Ieng: Dans le passé, nous n’avions lu que les livres du président et maintenant nous en faisons l’expérience par nous-mêmes.

Président: Il s’agit principalement de l’expérience, de se battre seul. Il faut donc former un poing et pouvoir attaquer et occuper Phnom Penh et les grandes villes. Je pense que vous auriez besoin d’environ 100 000 soldats et que vous devez serrer la main en un poing. Pas des guérilleros, mais des troupes régulières.

Khieu: Nous avons des troupes régulières. Nous sommes désavantagés par rapport à l’ennemi en termes d’armement. Pour compenser cette faiblesse, nous faisons simultanément un travail politique de mobilisation des masses en plus de nos opérations militaires. Maintenant, le mouvement de lutte populaire se déroule sans heurts dans la ville de Phnom Penh.

Ieng: Nous avons maintenant trois forces: les forces régulières, les troupes locales et la milice. Nos camarades (nord) vietnamiens pensent que nos trois forces armées se sont développées très rapidement. Actuellement, notre force régulière compte près de 100 000 hommes.

Président: Hmm.

Khieu: Nos forces régulières, nos troupes locales et nos milices populaires totalisent environ 200 000 hommes.

Ieng:Les unités d’organisation de nos militaires sont principalement des bataillons et des régiments. Nous n’avons pas encore de divisions, car la question du commandement est plus complexe. Maintenant, nos camarades (nord) vietnamiens nous aident à résoudre ce problème. De plus, nous avons déjà sept bataillons féminins, dont deux sont directement engagés dans la bataille sur le champ de bataille du nord-ouest. Ces femmes soldats étaient très courageuses. Ils attendaient généralement que les chars ennemis s’approchent à une distance de 50 mètres avant de lancer leurs bazookas. Parfois, les bazookas ne fonctionnent pas bien et les chars les ont renversés. Ainsi, nous avons perdu 50 femmes soldats dans cette bataille et six autres ont été capturées. Ils (se référant à l’ennemi) faisaient de la propagande et nous avons vérifié que c’était vrai. Mais dans cette bataille,

Président: C’est bien. Vous devriez construire quelques corps et chacun devrait avoir trois divisions. Chaque division devrait avoir 15 000 personnes. Une telle armée est une école. Je n’avais jamais été à l’université, mais j’ai également fait des études universitaires et depuis plus de 20 ans. On l’appelle l’université des hors-la-loi de Greenwood. [Tout le monde rit]

Sihanouk: meilleure université depuis.

Président: Il fallait s’occuper des affaires militaires, de la politique ainsi que des enquêtes et recherches, et des problèmes à la campagne, dans les villes moyennes et petites, et la répartition des terres. Avez-vous déjà distribué votre terrain?

Khieu: Au Cambodge, nous avons pris des mesures pour annuler les taux d’intérêt élevés qui pesaient sur nos paysans.

Président: Vous devez réduire le loyer et les intérêts.

Khieu: Nous ne distribuons pas les terres (appartenant aux propriétaires), car il y avait beaucoup de terres incultes.

Président:  Cela (se référant à la répartition de toutes les terres) sera dans quelques années. Si les paysans n’obtiennent pas leurs terres, leur capacité de combat ne sera pas améliorée. Si vous ne pouvez pas renverser ces propriétaires se tenant du côté de Lon Nol, les paysans ne seraient pas actifs (dans les luttes).

Sihanouk: Désormais, il n’y a plus de propriétaires dans les zones libérées. Le régime populaire a distribué les biens d’anciens propriétaires aux paysans. Bien sûr, dès la mise en place du nouveau régime, le peuple s’est débarrassé d’un petit nombre de propriétaires, et le reste a fui vers Phnom Penh ou la France. [Tout le monde rit] De plus, c’était le même cas avec les industriels et les grands capitalistes. Quant à leurs actifs, les paysans avaient réparti entre eux ceux des petits industriels, tandis que l’État et les régimes populaires géraient les actifs des plus grands.

Président:  Faites attention aux capitalistes. Vous ne devriez confisquer que les actifs des capitalistes compradores. Il n’y a pas de hâte avec les capitalistes nationaux.

Sihanouk: Nous ne sommes pas pressés de traiter avec les capitalistes patriotiques.

Khieu: Les capitalistes nationaux sont avec nous, tout comme les paysans riches.

Président: Pas seulement les paysans riches, vous devriez également unir certains des propriétaires moyens et petits.

Khieu: Les patriotiques. Certains propriétaires sont même disposés à céder leurs terres parce qu’ils n’avaient pas de main-d’œuvre.

Ieng: Nous adoptons même une approche différenciée envers les compradeurs. Nous nous opposons uniquement à ceux qui travaillent pour les Américains. Nous essayons de gagner les autres compagnons pour soutenir notre lutte. Par conséquent, nous pourrions acheter des médicaments et d’autres fournitures.

Président: C’est bien.

Premier Zhou: J’ai entendu dire que les plantations d’hévéas françaises leur payaient des impôts (en référence aux Khmers rouges).

Khieu: Nous gérons maintenant nous-mêmes les plantations d’hévéas. Nos propres ouvriers récoltent le caoutchouc, puis nous le vendons aux Français.

Ieng: Les Français paient un prix bas, seulement 30 riels pour un kilogramme. Mais nous n’avions pas d’autre choix que pour leur vendre, car nous produisons beaucoup de caoutchouc et ils tourneraient mal si nous ne le faisions pas.

Ainsi, les navires qui arborent des drapeaux blancs sont autorisés à entrer dans nos zones libérées pour faire du commerce, et certains
les navires apportent de l’essence à leur arrivée.

Président: C’est bien, le troc.

Sihanouk: Oui, nous échangeons un bien contre un autre.

Ieng: Mais les Français ont peur de faire du vrai troc. Ils ont peur de Lon Nol.
Khieu: Nous leur procurons parfois de l’essence et d’autres produits industriels, et faites de notre mieux pour vendre le caoutchouc. Mais les Français nous donnent la monnaie de Lon Nol, et elle se déprécie souvent
et devient sans valeur. Par conséquent, nous avons une lutte avec les Français sur cette question.

Président: Oh, demandez-leur de vous payer en dollars américains, DOLLARS [Mao dit «dollars» en Anglais]

Ieng: Les Français l’ont fait une fois dans le passé, mais ils ont arrêté de le faire parce qu’ils ont peur de Lon Nol.

Président [à Ieng]: Combien de temps êtes-vous resté lorsque vous êtes retourné cette fois?

Ieng: Plus de trois mois. Je suis allé dans de nombreux endroits, les routes n ° 4, n ° 5, n ° 1. toutes les anciennes plantations de caoutchouc. Maintenant, nos zones libérées ont été interconnectées en un seul zone intégrale. Nous sommes libres d’aller et venir à l’intérieur. C’est une partie indépendante du territoire tandis que l’impérialisme fait ses incursions de l’extérieur. Dans les villes, les ennemis sont trop entouré. En raison de notre propre insouciance à Kampong Thom, nous avons autrefois laissé les gens de cette région
subir des pertes.

Sihanouk: Parce que les combats à Phnom Penh ont éloigné certaines de nos forces, des ennemis à Kampong Thom sont sortis. Sinon, l’ennemi ne serait enfermé que dans la ville et très passif.

Ieng: Nous avons mobilisé nos forces régulières sur le champ de bataille de Phnom Penh.

Khieu: A Kampong Thom, si nos cadres avaient été plus alertes, ils auraient pu Protégez le peuple avec des opérations de guérilla et frappez les ennemis qui sont venus nous harceler. Mais à cause à notre négligence, nous ne l’avons pas fait.

Président: Les erreurs sont inévitables. Il est impossible d’être exempt d’erreurs.

Khieu: Le problème est d’apprendre et de gagner de ses erreurs. Par la suite, nous avons utilisé le occasion de se mobiliser à nouveau et de faire progresser le travail de nos cadres dans divers domaines.

Ieng: C’est principalement parce que Lon Nol avait peu d’artillerie et de munitions, et il a rarement bombardé l’arrière de nos zones libérées, que notre arrière est devenu un peu comme une région tranquille. C’est maintenant
nécessaire pour pousser les cadres.

Sihanouk: L’ennemi est parfois en concurrence avec nous pour le peuple mais cela n’a pas leur a profité. Par exemple, sur la question de Kampong Thom, ils ont convaincu certains habitants de de leur côté, mais cela a transformé les anciens producteurs en consommateurs. Puis ils n’ont eu d’autre choix que de demander
Nixon pour plus de dollars.

Président: Celui (le fils de Sihanouk) qui a étudié en Chine, son nom est Naradipo?

Sihanouk: Oui, il est actuellement toujours à Phnom Penh.

Président: Peut-il sortir?

Sihanouk: Il a été condamné à 5 ans de travaux forcés pour avoir participé à la lutte anti-américaine et anti-Lon Nol. Il a été libéré car il est tombé malade mentalement après avoir été emprisonné pendant plus de trois ans. Quand ma mère a quitté Phnom Penh pour venir en Chine, La grand-mère maternelle de Naradipo a refusé de le laisser partir. J’ai encore deux autres enfants vivant dans le zones libérées avec Khieu Samphan. L’un est mort de maladie après trois ans, tandis que l’autre est toujours là. Un autre enfant est en France. Les autres sont maintenant tous en Chine avec moi. Seul Naradipo vit sous le règne de Lon Nol.

Président: Très bien, ne parlons pas plus loin. [Au premier ministre] Vous parlez. Parlez moins, et ne rentre pas dans les détails de tout. Il suffit de parler des grandes lignes des programmes.

Sihanouk: Votre Excellence le Président a passé tellement de temps à nous rencontrer. Nous ressentons profondément honoré. Le peuple cambodgien, en particulier les soldats et les cadres qui sont maintenant engagés dans la lutte, sera grandement encouragé lorsque la nouvelle sera annoncée.

Quand Khieu Samphan retourne au Cambodge, il ramènera l’esprit de cette conversation. Les cadres et les soldats soyez très heureux après l’avoir entendu.

Président: C’est pour votre information. Je vous conseille toujours [en référence à Sihanouk] de lire un peu Marx et Lénine.

Sihanouk: Je lis occasionnellement des extraits.

Président: Philosophie, économie et socialisme, par exemple. J’ai toujours espéré que vous ferez des progrès. Vous ne devriez pas tous les deux [en référence aux princes] apprendre de la Chine que produit quelqu’un comme Lin Biao. Lon Nol est Lin Biao. Lon Nol est pro-américain tandis que Lin Biao est proSoviet.

Sihanouk: Nous sommes pro-Cambodge.

Président: C’est vrai. Le tiers monde doit s’unir. (Nous avons) tellement de monde!

Sihanouk: Nous marcherons sur cette route sans relâche avec la plus grande confiance.

Président: L’impérialisme en a peur!

Sihanouk: C’est vrai.

Président: C’est tout.

Fin de l’entretien.

Entretien avec Khieu Samphan et Ieng Sary, chef et chef adjoint de la délégation de le Front national uni et le gouvernement royal de l’Union nationale du Cambodge », 2 avril 1974,

Archives numériques du programme d’histoire et de politique publique, Song Yongyi, éd., ‘Jimi Dangan zhong Xin Faxian
de Mao Zedong Jianghua ‘(Entretien avec Mao Zedong nouvellement découvert dans les archives secrètes) (Guoshi chubanshe, 2018). Traduit par Caixia Lu.

Interview d’un cadre Khmer Rouge

Ieng Sary surnommé « frère n°3 » des Khmers Rouge. Il était ministre Vice-Ministre et Ministre des Affaires Etrangères pour le compte du Kampuchéa démocratique de 1976 à 1979.

Comme chef de la diplomatie, cet intellectuel, formé en France dans la mythologie de la révolution de 1789, était bien souvent le seul point de contact entre la direction particulièrement secrète du « Kampuchéa démocratique » et ses rares alliés dans le monde, notamment la Chine.

Il est à 87 ans mort le 13 mars 2013, était jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il sera resté muet jusqu’au dernier jour de son procès.

Interview de M. Ieng Sary, Vice-Premier Ministre du Gouvernement Royal d’Union National du Kampuchea (Cambodge) accordée à James Pringle, Chef du Bureau de l’Amérique Latine de NEWS WEEK le 4 septembre 1975.

La Conférence des nations non alignées de la semaine dernière à Lima (Pérou) était l’occasion inattendue de la première d’un film.

En effet, à la réception donnée par les Cambodgiens, les délégués et les journalistes ont été invités à assister à la projection d’un film extraordinaire, intitulé «Peuple héroïque», qui aurait été tourné dans la campagne cambodgienne pendant les dernières semaines de la guerre et dans la capitale Phnom Penh, immédiatement après sa prise par les Khmers rouges. Certaines séquences sont d’une qualité presque comparable aux films de Fellini, avec des routes jonchées de voitures abandonnées ou montrant l’ambassade américaine désertée.

Bien qu’il n’y ait aucune image de la reddition des troupes de Lon Nol ou sur la population vaincue de de Phnom Penh, le film a manifestement transmis le message selon lequel le nouveau Cambodge est devenu une société disciplinée et spartiate.

Ce qui était significatif c’est que le film a donné au monde extérieur la première vision du Cambodge depuis la victoire des Khmers rouges en avril. En effet, la présence à Lima du vice-Premier Ministre Ieng Sary, nouvellement nommé, considéré comme l’un des deux ou trois plus hauts dirigeants du nouveau régime de Phnom Penh, indique clairement que le nouveau Cambodge est maintenant prêt à émerger de son voile de mystère pour chercher à étendre ses relations internationales.

C’est peut-être dans cet esprit que M. Ieng Sary a accordé, la semaine dernière, au directeur du bureau de Newsweek pour l’Amérique latine, James Pringle, une interview exclusive.

Ci-dessous, l’interview :

James Pringle: Pourquoi vos forces ont-elles évacué la population de Phnom Penh après la prise de la capitale le 17 avril?
Ieng Sary: Il y avait deux raisons, et la première c’était les vivres. Nous avions estimé la population de Phnom Penh à 2 millions d’habitants, mais nous en avions trouvé presque 3 millions quand nous y étions entrés. Auparavant, les Américains avaient amené, chaque mois, de 30,000 à 40,000 tonnes de vivres à Phnom Penh.

Nous manquions de moyens pour transporter dans la capitale la même quantité de vivres. Aussi la population doit-elle aller chercher les vivres là où ils se trouvaient.

Et nous devions nourrir cette population tout en préservant notre indépendance et notre dignité sans demander l’aide d’un quelconque pays.

James Pringle: Quelle était la deuxième raison?

Ieng Sary: Nous avions découvert un document ennemi révélant tous les détails d’un plan secret politico-militaire de la C.I.A. américaine et du régime de Lon Nol pour provoquer les troubles après notre victoire.

Ce plan comporte trois points:

-Nous ne serions pas capables de résoudre le problème des vivres pour la population :

-L’ennemi devait fomenter des troubles par ses agents infiltrés dans la population ;

-De nombreux soldats de Lon Nol, qui se sont soumis, cachaient en réalité des armes. Ils avaient projeté de nous attaquer après que nous ayions pris Phnom Penh ;

Ils avaient prévu de corrompre nos combattants et d’émousser leur esprit combatif par les filles, l’alcool et l’argent.

James Pringle: La ville de Phnom Penh est-elle toujours vide d’habitants?

Ieng Sary: Non, environ 100 000 personnes sont revenues et d’autres vont le faire progressivement.

Les écoles, les hôpitaux et les usines ont repris au fur et à mesure leurs activités. Les gens peuvent revenir à Phnom Penh s’ils le souhaitent ; ils peuvent aussi rester à la campagne. Notre peuple tout entier est en train de travailler jour et nuit pour reconstruire le pays. Le Cambodge ressemble à un immense chantier.

James Pringle: Avez-vous résolu le problème des vivres?

Ieng Sary: La population dispose suffisamment de vivres. Ce n’est pas l’abondance, mais c’est suffisant. Et il y a la perspective d’une bonne récolte de riz cette année.

James Pringle: Quand Sihanouk rentrera-t-il au Cambodge et en quelle qualité?

Ieng Sary: Au début de septembre, après une visite à Hanoï avec Khieu Samphan (vice-Premier Ministre).

Il pourrait rester au Cambodge ou se rendre à l’étranger en tant que représentant du G.R.U.N.K. (Gouvernement Royal d’Union Nationale du Kampuchea).

James Pringle: Le Cambodge reprendra-t-il son siège à l’O.N.U. à la prochaine session?

Ieng Sary: Je n’ai pas d’instruction, à ce sujet, de mon gouvernement mais je vais me rendre à New York pour la session économique spéciale (de cette semaine) avant l’Assemblée générale des Nations Unies.

James Pringle: Projetez-vous de rencontre le Dr Kissinger ou d’autres fonctionnaires du Département d’Etat américain pendant votre séjour aux Etats-Unis?

Ieng Sary: Je n’ai pas d’instruction à ce sujet.

James Pringle: Pensez-vous qu’en capturant le bateau américain Mayaguez, en mai dernier, vous risqueriez des représailles armées américaines?

Ieng Sary: Je n’étais au courant de la capture du «Mayaguez» qu’au moment où j’ai écouté les nouvelles de la «Voix de l’Amérique».

Nous avions convoqué à Phnom Penh le commandant local et ce dernier a confirmé la capture du bateau par nos combattants.

Nous décidâmes de relâcher immédiatement le «Mayaguez». le commandant local est retourné la nuit même à Sihanoukville et l’équipage du bateau a été libéré.

Mais nous n’avions diffusé la nouvelle par notre radio que le lendemain matin. Ce matin-là, les Américains ont bombardé Ream et Sihanoukville.

James Pringle: Pensez-vous que la décision prise par le commandant local est juste en capturant le bateau?

Ieng Sary: Le «Mayaguez» était manifestement dans nos eaux territoriales et bien que nos combattants ne fussent pas des techniciens, ils avaient découvert à bord un matériel radio indiquant que le «Mayaguez» était un bateau-espion.

Aussi leur décision de capturer le bateau était juste.

James Pringle: Est-ce que votre gouvernement respecte la religion bouddhiste au Cambodge?

Ieng Sary: Nous respectons les croyances religieuses de chacun. La population jouit de la liberté de croyance mais elle doit respecter les lois de l’Etat. Les pagodes au Cambodge sont ouvertes.

James Pringle: Qu’est-il advenu des officiers du régime de Lon Nol?

Ieng Sary: Actuellement, ils participent à la production agricole. Nous les applaudirons s’ils sont sincères et s’ils peuvent participer à la vie cambodgienne.

Dans notre administration nous utiliserons les personnes de l’ancien régime qui sont sincères.

James Pringle: L’ancien Premier Ministre Long Boret est-il mort ou vivant?

Ieng Sary: Mort ou vivant, il est un traître, et était déjà condamné par le peuple et le Congrès.

James Pringle: Accepterez-vous l’aide d’autres pays?

Ieng Sary: Nous avons encore beaucoup de problèmes au Cambodge du fait des ravages de la guerre.

Par exemple, nous n’avons pas encore un service postal international. Nous accepterons l’aide sans condition des pays amis.

Mais nous maintiendrons notre position d’indépendance et défendrons notre souveraineté. Notre révolution est basée sur notre caractère national cambodgien. Nous ne copions personne.

Influence de la culture khmer dans le film Raya et le Dernier Dragon

Il y a de cela fort longtemps, au royaume imaginaire de Kumandra, les humains et les dragons vivaient en harmonie.

Mais pour sauver l’humanité des Druuns – des monstres malveillants –, les dragons se sont sacrifiés.

 

5 siècles plus tard, ces mêmes monstres sont de retour. Une guerrière solitaire, Raya, va se mettre en quête du dernier dragon pour éradiquer la menace que constituent les Druuns. En chemin, elle découvrira qu’il ne suffit pas de s’assurer les services d’un dragon pour sauver le monde, et que la confiance est essentielle .

Avec son insecte géant pour animaux de compagnie, Tuk Tuk, Raya partira en voyage pour trouver le dernier dragon afin de sauver le monde.

L’ histoire et l’emplacement de Raya et le dernier dragon s’inspirent largement des paysages et des cultures d’Asie du Sud-Est. Les cultures spécifiques qui ont directement influencé Raya et le dernier dragon incluent la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et bien d’autres.

Initialement prévu de sortir aux États-Unis le 25 novembre 2020, Raya et le dernier dragon a été reporté en raison de la pandémie de coronavirus (COVID-19) en cours. Il devrait maintenant sortir simultanément dans les salles et sur Disney + Premiere Access depuis le 12 mars 2021. Le prix serait de 29,99 $.

En France, le film sort dans les salles françaises le 14 avril 2021.

Un marché de Talon ressemblant à l’ambiance du Cambodge

 

Les écrivains de Raya and the Last Dragon , Qui Nguyen et Adele Lim, ont récemment donné un aperçu du film à venir et de ses influences en Asie du Sud-Est.

Interrogé sur lesdites influences lors d’un événement de presse auquel le média américain CBR a assisté, Lim a d’abord mentionné que Raya et le dernier dragon ne présentaient pas d’apparitions de personnages mythologiques spécifiques d’Asie du Sud-Est.

« Mais en Asie du Sud-Est, il y a une grande tradition de femmes chefs, chefs militaires et guerrières. Et les chefs de leurs royaumes. Et aussi, les histoires de Nagas et de dragons, en particulier avec de l’eau », a déclaré Lim.

La culture khmer dans le film Raya et le dernier Dragon

(Vidéo) Le récit de l’histoire de Kambuja à travers des légendes en utilisant Raya et la scène flashback du dernier dragon. (vidéo faite par un fan)

Comparatif tenue khmer

 

Des ressemblances avec le naga présent sur les murs du Bayon

Représentation de l’Asie du Sud Est

En 2018, l’équipe de production du studio s’est rendue au Laos, au Cambodge, en Thaïlande, au Vietnam et en Indonésie pour mener des recherches de pré-production.
Pendant ce temps, au Cambodge, le Dr Chen Chanratana, archéologue et fondateur de la Khmer Heritage Foundation, a été recruté par l’équipe pour être son consultant sur le Cambodge.

L’équipe de tournage à Angkor en 2018.

C’est une grande fierté pour moi en tant que chercheur cambodgien, peu importe qui produit le film déclare le Dr Chanratana. montre au monde la grande culture et civilisation du Cambodge.

Au Cambodge. Le Dr Chanratana ajoute que l’équipe de production était très intéressante dans les anciens temples du Royaume et dans le Bokator, un art martial ancien khmer.

Quelques scènes et personnages de Raya et The Last Dragon 2021 de Walt Disney inspirés du temple ancien Khmer, créature mythique et costume du Cambodge.

Le thème et le cadre, basés sur des pays d’Asie du Sud-Est, sont frais et innovants, avec des références précises aux cultures, aux religions et aux styles architecturaux régionaux.

Pendant ce temps, de nombreuses personnes ont été préoccupées par la combinaison des caractéristiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est dans un seul monde.

Cela ne devrait néanmoins pas poser de problème. Kumandra ne représente aucun pays mais évoque plutôt un concept d’unité.

Le but de la fin du film semble être de promouvoir l’unité de similitude des peuples de la région et d’honorer les différences qu’ils possèdent.

Le costume de Raya a également subi de nombreuses itérations – y compris un sampot, un vêtement khmer traditionnel fabriqué à partir d’un textile rectangulaire noué à la taille pour s’assurer que le design final correspondait au parcours de son personnage et était basé sur des vêtements traditionnels d’Asie du sud-est.

En tant que consultant en arts martiaux d’Asie du sud-est et co-scénariste, Qui Nguyen a veillé à ce que les scènes d’action du film aient des styles de combat cohérents, basés de manière réaliste sur les arts martiaux d’Asie du sud-est. Les enchaînements de Raya lors des rixes auxquelles elle participe sont principalement basés sur le style d’art martial indonésien pencak silat, ainsi que sur le style de combat khmer populaire des arts martiaux khmers.

Peut-être la chose la plus proche de toute mythologie spécifique de l’Asie du Sud-Est dans Raya est Sisu, le dernier dragon, qui a été inspiré par les Naga. Le Naga apparaît dans de nombreuses cultures d’Asie du Sud-Est comme des créatures semi-divines pouvant prendre la forme d’humains ou de serpents.

 

Les Naga apparaissent dans l’hindouisme , le bouddhisme et le jaïnisme et auraient vécu dans le Mékong , qui traverse le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam.

 

Les Naga sont les protecteurs du royaume de l’eau. Chaque fois que nous allons dans des temples ou tout ce qui a trait à l’eau, vous allez voir les symboles des Naga comme un protecteur, a déclaré l’anthropologue visuel lao Steve Arounsack, qui a travaillé comme consultant sur le film.

La danse apsara pour le film Raya et le dernier Dragon

 

Les danseurs de l’Académie des arts khmers Dawnsavann Phom et Khannia Ok lors d’une démonstration de danse cambodgienne aux Walt Disney Animation Studios à Burbank (2018) pour «Raya et le dernier dragon».

 

En 2018, Lath, directeur général de la Khmer Arts Academy de Long Beach , a été contacté par Scott Sakamoto, superviseur de la production aux Walt Disney Animation Studios. Sakamoto a déclaré que le studio travaillait sur un projet d’inspiration asiatique et a invité Lath à se rendre avec d’autres membres de l’académie à leur siège de Burbank pour partager l’histoire, les histoires, les mythes et les mouvements qui informent leur culture cambodgienne.

 

Comme tous les groupes d’immigrants qui viennent en Amérique, les Cambodgiens luttent pour maintenir les traditions culturelles à chaque génération successive.

Alors que Long Beach compte la plus grande concentration de personnes d’ascendance cambodgienne en dehors du Cambodge, la plupart d’entre elles ne viennent pas à l’académie et, comme en témoigne ce profil 2019 de l’académie, certains de ceux qui viennent ont très peu de connaissances sur leur culture. .

En fait, il n’est pas rare que les enseignants des académies soient les premiers à leur en parler.

Croquis de l’artiste en développement visuel James Finch lors de la visite de l’Académie des arts khmers aux studios d’animation Walt Disney à Burbank (2018).

 

Les danseuses apsaras du groupe Khmer Art Academy. La contribution d’un groupe de danse khmer avait contribué à la production pour le film.

L’Académie des Arts Khmers est située au 1364, avenue Obispo. Pour contacter ou pour plus d’informations, cliquez ici.

Au-delà de tout cela, l’équipe du film espère aussi que mettre en vedette des princesses et autres personnages caractéristiques d’une culture du Sud-Est asiatique aura un impact concret sur la société et la représentation de ces communautés.

(Image archive) L’histoire de Phnom Penh

Histoire de Phom Penh du 19ème siècle au 20ème siècle

Phom Penh avant l’arrivé des français à la fin du 19ème siècle

Phnom Penh, ou Krong Chaktomuk Serimongkul – La ville des quatre visages (titre complet, selon Wikipedia: Krong Chaktomuk Mongkol Sakal Kampuchea Thipadei Serey Thereak Borvor Inthabot Borei Roth Reach Seima Maha Nokor – « L’endroit des quatre rivières qui donne le bonheur et le succès du royaume khmer, le plus haut dirigeant ainsi que la ville imprenable du dieu Indra du grand royaume »).

Capitale royale pendant 73 ans, de 1432 à 1505, la ville fut abandonnée par la suite au moment où une succession de guerres civiles éclata.

Daun Penh, vers 1872

Même selon les normes asiatiques, c’est une ville jeune, issue des plans d’inondation d’il y a un peu plus de 150 ans. Aujourd’hui, c’est l’une des villes à la croissance la plus rapide de la région – chaque génération voyant un développement (et une destruction) si rapide qu’elle serait presque méconnaissable jusqu’au dernier.

Ce fut Norodom I (règne de 1860-1904) qui, en 1865, déplaça la cour royale (avec quelque 10000 sujets) dans la zone où convergent les rivières du Tonlé Sap, du Bassac et du Mékong et commença peu après les travaux sur le Palais Royal. .

 

L’emplacement était un endroit marécageux et gorgé d’eau, avec des rivières utiles pour le commerce et sujettes aux inondations saisonnières et la terre sèche formée à partir d’années de limon du Mékong.

L’historienne Penny Edwards a décrit ainsi Phnom Penh au XIXe siècle: « La ville était surtout connue pour ses vastes étendues de marécages infestés de moustiques, la puanteur de l’eau stagnante et des déchets humains, et les fréquentes épidémies de choléra. Pendant la saison des pluies, le voyage en bateau était nécessaire entre les différentes sections de Phnom Penh. »

L’arrivé des français

Bureau de poste, Le Commissariat et autres bâtiments dont la Banque d’Indochine, la Chambre de Commerce, les douanes, le Grand Hôtel, la Mairie, dans le quartier français v. 1930

 

C’est dans les années 1870, avec le protectorat français solidement établi au Cambodge, que la puissance coloniale, utilisant les dernières technologies et techniques de génie civil, a commencé à transformer le « marécage infesté de moustiques» en une ville moderne qui, dans un demi-siècle connu sous le nom de «La Perle d’Asie».

L’ouvrage d’Henri Lamagat «Souvenirs d’un ancien journaliste indochinois», publié en 1942, décrit la ville en construction constante:

«[En 1906], le protectorat cambodgien, bien que datant de près de 40 ans, était toujours dans l’ABCD de son organisation. Phnom Penh représentait un petit village – village au bord du lac pendant les 6 mois de la haute saison. eaux – dans lesquelles il n’y avait qu’une quinzaine de rues, ville européenne et ville cambodgienne combinées.

Mais comme ce hameau était déjà original et joyeux, ancienne capitale du plus riche et du plus glorieux des royaumes d’Asie du Sud de l’époque.

Environ 400 Européens vivaient alors à Pnom Penh, dans un îlot, de quelques centaines de mètres carrés, situé tout autour du Phnom et où se trouvaient, en plus des bâtiments abritant des services publics, des maisons de commerce et des habitations privées.

La population de la ville, qui comptait de 12 à 15 000 habitants, était presque exclusivement composée de Cambodgiens – alors les plus nombreux – d’Annamites (vietnamiens) et de Chinois.

Plan de la ville, vers 1920

Paysans, éleveurs, pêcheurs, marchands de tabac et passeurs impénitents, ils vivaient au bord des rivières, d’où leurs pirogues, dont la vitesse défiait celle des pirogues des douanes, se transportaient avec succès, au nez et à la barbe des agents des impôts. , prodigieuses quantités de tabac, sans payer la taxe de circulation.

Ce n’est que plus tard, après la première guerre mondiale 14-18 que l’utilisation de dragues suceuses a permis de drainer et de remplir l’immense marais qui représentait alors le PP.

Même après le retrait de l’eau, il y avait encore de nombreux étangs profonds qui couvraient complètement le nouveau quartier sur lequel le nouveau marché vient d’être construit.  »

Beaucoup moins fréquentée par les Saigonnais qu’à l’heure actuelle, la capitale du protectorat voisin, accessible uniquement par voie fluviale, n’avait alors, en tout et pour tout, qu’un seul hôtel.

Le Grand Hôtel, devenu depuis longtemps l’hôtel Manolis.

Cet établissement, qui a appartenu pendant des siècles à la maison Dumarest, avait été fondé par elle dans la dernière décennie du XIXe siècle.

Son Propriétaire a confié l’opération à des commerçants auxquels il a loué à la fois l’immeuble, le mobilier et tout le matériel de l’hôtel – argenterie, linge et vaisselle compris – nécessaire pour assurer le service client. Malgré cela, malgré l’absence de toute concurrence, surtout dans les premiers jours, les deux exploitants du Grand Hôtel, Bourguignons d’origine [..] ont dû demander la résiliation de leur contrat.

Tous deux y sont partis, dans quelques années, tout à eux.  »

La loi traditionnelle avait déclaré que toutes les terres étaient la propriété du roi, dont la permission était nécessaire pour toute construction.

Par conséquent, à part les palais, les monastères et autres sites religieux, la plupart des habitations et des commerces de l’époque pré-française étaient soit alignés contre les berges de la rivière dans des bâtiments sur pilotis de bois, de bambou et de chaume, soit des maisons flottantes sur les eaux.

Les terrassements, appelés prek, ont été utilisés pour contrôler les inondations et former des réservoirs pour l’approvisionnement en eau de saison sèche. Le mot est encore utilisé dans les noms de lieux, en particulier au nord du centre-ville moderne.

La vision française d’une nouvelle et grande ville a vu la nécessité de déplacer la construction vers l’intérieur des terres.

Au début, le marais marécageux longeant le Tonle Sap a été récupéré avec du sable et de la pierre.

Un quadrillage a été tracé, avec des rues parallèles ou perpendiculaires aux rives ouest des rivières.

Un système de canaux de drainage a été creusé au cours des années 1890 – le plus grand étant le Grand Canal qui partait de Tonlé Sap, puis traversait Quay Verneville (aujourd’hui St. 106 ), puis verticalement à travers le boulevard Monsignor Miche (aujourd’hui Monivong Boulevard ), puis de retour vers l’est jusqu’à Tonle Sap via le boulevard Charles Thomson (aujourd’hui St. 47 ).

L’une des constructions les plus étonnantes perdues depuis lors du développement était le Pont de Verneville qui traversait le Grand Canal en atteignant la rivière Tonle Sap, quelque part autour du pont de l’amitié japonaise. Le pont porte le nom de Monsieur Albert-Louis Huyn de Verneville, deux fois Résident-supérieur au Cambodge (juillet 1889-janvier 1894 et août 1894-mai 1897).

Le pont était également connu sous le nom de Pont des Dollars.

Une partie de l’ancien canal, plus tard comblée dans les années 1920, peut être considérée comme le mince «parc de la liberté» qui s’étend entre les rues 106 et 108.

Un autre pont autrefois célèbre, le Pont des Nagas, a également été démoli, puis reconstruit dans son état d’origine. emplacement juste au sud de Wat Phnom au sommet du boulevard Norodom.

Le pont, crédité par une source française à Daniel Fabre et achevé en 1892, reliait les quartiers chinois et européen et était également connu sous le nom de pont du Trésor en raison de l’emplacement à côté d’un autre bâtiment Fabre – Trésor du Cambodge – le Trésor national (également construit en 1892) et démoli vers 2012.

Les sources ne sont pas claires sur la date de démolition du pont de Verneville et du pont des Nagas, mais conviennent qu’après le remplissage du canal, ils sont devenus obsolètes et ont probablement été démolis dans les années 1930.

La zone à l’intérieur du canal est devenue connue sous le nom de Quartier Européen – quartier européen, avec des quartiers séparés: Quartier Cambodgienne, Quartier Annamite et Quartier Chinoise.

Le premier Européen à avoir marqué la capitale est l’architecte français Daniel Fabre (1850-1904), dont l’œuvre la plus célèbre – le bâtiment de la Poste centrale, achevé en 1895 – se trouve toujours dans l’ancien Quartier Européen en haut de la rue 13. Il a également été impliqué dans la rénovation de Wat Phnom, qui en 1893 avait le zoo de la ville et les jardins paysagers environnants.

A côté de la poste se trouvait l’ancien commissariat de police, «Le Commissariat», construit en 1892, et actuellement une ruine en ruine, sans doute en attente de démolition.

Le tournant du siècle et la ville en expansion – CEEL, une entreprise française a construit sa première usine d’eau à Chroy Changva en 1895, des voies navigables ont été draguées et un port construit – a vu la population croître et le commerce et le commerce ont commencé à prospérer. en 1897, en un peu plus de 30 ans, la population de Phnom Penh était d’environ 50 000 habitants, sur une population nationale ou peut-être 1 000 000.

En 1950, ils étaient plus de 330000.

La preuve de cette nouvelle richesse trouvée peut être vue dans des bâtiments existants tels que la Villa Bodega (également connue sous le nom de manoir FCC), construit pour un riche commerçant cambodgien vers 1917.

À proximité, et d’un âge similaire mais en bien meilleur état, est une autre ancienne résidence privée maintenant utilisée comme bureau de l’UNESCO.

La technologie de dragage de sable s’est améliorée après la Première Guerre mondiale, et de plus en plus de lacs et de marais de la ville ont été comblés et la ville s’est étendue à l’ouest.

Dans les années 1920, Ernest Hébrard – rendu célèbre pour la refonte de la ville grecque de Thessalonique après le grand incendie de 1917 – fut impliqué dans l’extension de Phnom Penh.

En 1925, l’architecte et urbaniste, qui travaillait déjà sur des projets à Hanoï et Saïgon, élabore des plans de modernisation, sous la responsabilité du Service de l’architecture et de l’urbanisme d’Indochine ( Service de l’architecture et de l’urbanisme de l ‘ Indochine ), dont il a dirigé.

Son monument le plus connu qui se tient toujours est Le Royal, maintenant géré sous le nom de Raffles Hotel Le Royal à l’ouest de Wat Phnom, qui a ouvert ses portes en 1929.

D’autres bâtiments de cette période comprennent l’hôtel de ville de Phnom Penh, vers 1925, qui était à l’origine un catholique séminaire.

Au sud-ouest de Wat Phnom, la gare de Phnom Penh a été achevée en 1932 – après de nombreuses batailles avec le sol marécageux et le climat cambodgien. La gare avait une grande esplanade le long de ce qui aurait été le site du comblé du Grand Canal. Une partie de cela existe toujours car Freedom Park, les sites des tours Vattanac et Canadia ont maintenant coupé la vue.

Un quartier marécageux du Quartier Annamite / Chinois a brûlé en 1920.

Un riche homme d’affaires chinois nommé Tea Maj Yaw proposa bientôt de réaménager la zone avec un marché couvert comme pièce maîtresse, mais ses plans furent rejetés par l’administration coloniale.

Plus tard, alors que la zone connue sous le nom de Beng Decho était asséchée, l’architecte de la ville Jean Desbois a dessiné les plans d’un chef-d’œuvre art déco. Les travaux débutent en août 1935, sous la direction de Louis Chauchon et Wladimir Kandaouroff, et s’achèvent en 22 mois.

Le Psar Thmey « New Marke t» a été construit – comme la gare – avec du béton armé, un nouveau matériau innovant à l’époque. Inauguré par le roi Sisowath Monivong en septembre 1937, on disait à l’époque qu’il s’agissait du plus grand marché d’Asie, et le célèbre dôme central «était aussi grand que la basilique de Rome».

Vers l’indépendance du Cambodge

La Seconde Guerre mondiale a vu des troupes japonaises stationnées au Cambodge, et après la capitulation en 1945, le jeune roi du Cambodge Norodom Sihanouk a lancé une campagne pour l’indépendance totale.

C’était la fin de la «belle époque» et le début du bref «âge d’or» cambodgien des années 50 et 60.

Le roi Sihanouk, qui se considérait comme un «modernisateur traditionnel» et un mécène des arts, a promulgué un programme de construction à l’échelle nationale pour son nouveau royaume, qui avait été dominé par des puissances étrangères (vietnamienne, thailandaise, française) depuis la chute de l’empire angkorien en 1431.

Le principal architecte derrière ce style «nouveau khmer» était le premier diplômé cambodgien de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris – un homme qui dans la trentaine et au début de la quarantaine a réalisé près de 100 projets – Vann Molyvann.

Phnom Penh Aujourd’hui : un grand boom économique

Phnom Penh aujourd’hui

 

Plusieurs centres commerciaux et hôtels 5 étoiles flambant neufs.

Phnom Penh est en pleine mutation, sous l’impulsion d’une classe moyenne bénéficiant des retombées de la croissance de + de 7%, dans un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté.

A l’intérieur du Aeon Mall, le premier centre commercial géant du Cambodge, acheteurs et curieux font une pause dans leur lèche-vitrines pour prendre des selfies devant un immense sapin de Noël occupant le hall central.

Une scène ordinaire dans une grande partie de l’Asie mais encore inimaginable il y a peu au Cambodge, où environ 20% de la population vit avec moins d’un euro par jour.

« Cela montre que la ville est en pleine croissance… Le boom que connaît Phnom Penh a contribué à la richesse de ma famille. Nous avons gagné plus d’un million de dollars sur la seule vente d’un terrain », explique Bopha, une étudiante, cadette d’une famille de commerçants, croisée devant des devantures de grandes marques.

Jusqu’ici, « j’allais en Malaisie, en Thaïlande ou à Singapour pour des vacances et du shopping. Ces villes sont pleines de gratte-ciel. Nous allons dans la même direction », ajoute-t-elle, disant sa fierté de voir pousser les gratte-ciel à Phnom Penh.

Symbole de la mutation de la ville, le Aeon Mall a été construit par un groupe japonais avec un budget de 200 millions d’euros.

Des dizaines de nouveaux complexes sont sortis de terre récemment dans un Cambodge qui affiche des taux de croissance économique importants depuis quelques années, malgré le fait que le pouvoir économique reste centralisé par des hommes d’affaires proches de l’homme fort du pays, le Premier ministre Hun Sen.

La Banque mondiale estime que l’économie cambodgienne devrait afficher une croissance de 6,9% en 2015 , bien plus que la Thaïlande voisine, qui a longtemps été la locomotive de la zone mais plafonne aujourd’hui à moins de 3%.

Olympia City Hotel By Dara

 

La croissance du produit intérieur brut cambodgien était supérieure à 7% depuis 2011.

A Phnom Penh, pour les classes les plus aisées tirant leur épingle du jeu, se multiplient les résidences de luxe promettant d’accéder à un « mode de vie urbain sophistiqué », comme dit la publicité pour l’une d’elles.

Des complexes aux noms de rêve comme « Diamond Island » cherchent à courtiser ces consommateurs qui aspirent à vivre comme dans les mégalopoles des pays voisins.

Et peu importe que non loin de là, les rues des faubourgs populaires de Phnom Penh ne soient même pas goudronnées…

Imitant la forme d’un dragon, le premier gratte-ciel de Phnom Penh a été inauguré en 2014. Mais malgré ses 39 étages, la Vattanac Capital Tower est déjà vouée à être dépassée.

En effet, le gratte-ciel The Peak annoncé par deux entreprises singapourienne et cambodgienne devrait proposer sur 55 étages un hôtel de luxe et plus de 1.000 appartements de « prestige ».

Des bars rooftop à Phnom Penh pour aller boire un verre et sortir se détendre

 

Avec ses gratte-ciel se dressant entre les pagodes des temples khmers et les villas de style colonial français, la capitale cambodgienne est une ville en pleine mutation.

 

Le projet « Diamond Island », sur un terrain de 100 hectares, comprend, lui, des appartements « de style parisien », avec une réplique de l’Arc-de-Triomphe, dans la capitale de l’ancienne colonie française.

Toute cette croissance ne fait pas profiter au locaux

Dans ce décor ouvrent des restaurants et des bars qui restent inaccessibles à la majorité des Cambodgiens, pauvres. C’est le revers du développement.

La rapide croissance urbaine de Phnom Penh, une des plus fortes d’Asie, est un défi pour le pays, au vu de la capacité « limitée » du gouvernement à construire des infrastructures supplémentaires, relève ainsi la Banque asiatique de développement (BAD).

Certains craignent aussi les répercussions de cette frénésie immobilière sur l’architecture de la ville, autrefois considérée comme la « perle de l’Asie », grâce à ses larges avenues à la française, à ses jardins soigneusement entretenus et à ses demeures coloniales.

Une cité animée qui fut transformée en ville fantôme après la prise de pouvoir en 1975 par les Khmers rouges de Pol Pot, qui avaient ordonné l’évacuation de deux millions d’habitants de la capitale.

Depuis le renversement du régime communiste en 1979, la ville s’est de nouveau imposée comme le poumon économique du Cambodge.

Voici ce qu’en pense le premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis plus de 30 ans :

Si nous n’avions pas renversé le régime de Pol Pot en 1979, que serait devenu cet endroit ? Clairement, cela aurait fini en plantation de cocotiers, avait ironisé lors de l’inauguration d’une nouvelle construction le Premier ministre Hun Sen, lui-même un ancien Khmer rouge.

Pendant que le centre fait peau neuve, convoité par des groupes immobiliers japonais, chinois, coréens ou singapouriens, les plus pauvres, eux, sont relégués vers les faubourgs non asphaltés.

Plan image évolution  urbain Phnom Penh de 1850 à 2012

L’évolution de Phnom Penh découle d’une histoire hydraulique (Molyvann, 115).

Chaque fois que la ville s’agrandit, le processus de construction de digues et de remplissage des terres basses se produit.

Au fil du temps, une série de digues s’enroule continuellement autour de la ville, urbanisant tout ce qui se trouve entre les deux. Les principaux boulevards routiers se trouvaient au sommet des digues d’origine des villes.

Le problème avec ce système survient lorsqu’il pleut car l’eau doit être pompée dans un réseau d’étangs et de canaux.

Phnom Penh ne dispose pas d’un système formel d’infrastructures d’égouts; par conséquent, la destruction des systèmes écologiques naturels par le remplissage des terres entraîne de graves inondations pendant la saison des pluies.

Les principaux problèmes environnementaux auxquels la ville de Phnom Penh est confrontée sont les inondations et le drainage, et l’idée que les infrastructures immatérielles peuvent créer une transition proactive entre l’eau et la terre favorise une approche hybride entre la surface et l’eau.

 

Une affaire à suivre.

Article originale en anglais

Article sur l’évolution de Phnom Penh