En 1985, le Cambodge est entré dans l’histoire du cinéma mondial.
Cette année-là, Haing S’Ngor a remporté l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour son tout premier rôle au cinéma dans le film The Killing Fields (La déchirure).
Un moment fort, souvent oublié, mais essentiel dans l’histoire culturelle cambodgienne.
Un acteur, mais surtout un survivant
Haing S’Ngor n’était pas acteur de formation. Il était médecin au Cambodge et a survécu au régime des Khmers rouges, aux camps de travail, à la famine et à la perte de nombreux proches.
Après avoir fui le pays, il s’est retrouvé à jouer son propre traumatisme à l’écran.
Dans The Killing Fields, il incarne Dith Pran, un journaliste cambodgien pris au piège de la guerre et du génocide. Son interprétation n’est pas technique, elle est vécue. Chaque geste, chaque silence porte une mémoire réelle.

Une récompense sans précédent
Lors de la cérémonie des Academy Awards en 1985, Haing S’Ngor devient le premier réfugié Cambodgien et l’un des rares acteurs non professionnels à recevoir un Oscar.
Cette récompense dépasse le cadre du cinéma. Elle marque une reconnaissance internationale de la souffrance cambodgienne, portée par quelqu’un qui l’a réellement vécue.
Une victoire pour la mémoire cambodgienne
Cet Oscar n’est pas seulement une réussite individuelle. C’est un symbole fort pour un pays meurtri, longtemps réduit au silence.
À travers Haing S’Ngor, le monde a été forcé de regarder une réalité que beaucoup préféraient ignorer. Son discours, simple et digne, reste un rappel puissant : certaines histoires ne sont pas jouées, elles sont transmises.

Pourquoi EFK en parle aujourd’hui
Chez EFK, parler de cette victoire, c’est refuser l’oubli. C’est rappeler que le Cambodge n’est pas seulement une terre de tragédies, mais aussi un pays dont la voix a marqué l’histoire mondiale, jusque sur la scène des Oscars.
Haing S’Ngor n’a pas gagné un prix pour un rôle, il a porté une mémoire.
Et cette mémoire mérite encore d’être racontée.
