Depuis la mi-2025, les relations entre Cambodge et Thaïlande se sont fortement détériorées à cause d’un conflit frontalier. En représailles, le gouvernement cambodgien a ordonné l’arrêt immédiat des importations de carburant et de gaz en provenance de Thaïlande.
Parallèlement, un vaste mouvement de boycott des produits thaïlandais a émergé au Cambodge, touchant carburants, produits de consommation, et biens importés.
Pourquoi certaines personnes pensent que la Thaïlande et le Cambodge sont des “pays frères”

Il existe une idée tenace chez de nombreux personnes : celle que la Thaïlande et le Cambodge seraient des pays “frères”, proches et presque identiques. Cette perception, pourtant éloignée de la réalité historique et culturelle, vient surtout d’un manque de connaissances précises sur l’Asie du Sud-Est.
Une vision trop simplifiée de la région
Pour beaucoup de personnes en Occident, l’Asie du Sud-Est est perçue comme un seul bloc où tout semble se ressembler. Les différences entre les peuples, les langues, les identités et les histoires sont souvent peu connues. Cette généralisation crée la fausse idée que des pays voisins seraient naturellement proches, alors que la géographie ne suffit pas à expliquer une relation.
La religion comme point d’amalgame
Le fait que le Cambodge et la Thaïlande pratiquent majoritairement le bouddhisme theravada renforce aussi cette confusion. Certains pensent que partager une religion implique une fraternité culturelle. Pourtant, les traditions, les valeurs et les pratiques bouddhistes diffèrent largement d’un pays à l’autre, et ne suffisent pas à effacer les nuances qui font l’identité khmère ou thaïlandaise.
Un manque de connaissance historique
Très peu d’Occidentaux connaissent réellement l’histoire complexe qui lie le Cambodge et la Thaïlande. Les conflits, les tensions, les rivalités politiques, les manipulations historiques, ou encore les questions autour des temples et du patrimoine culturel ne sont presque jamais abordés dans les médias occidentaux. Sans ces connaissances, il est facile pour eux de imaginer une relation « fraternelle » qui n’a jamais vraiment existé.
L’image touristique qui entretient la confusion
L’industrie du tourisme joue aussi un rôle. Les circuits organisés proposent souvent des voyages combinés Cambodge–Thaïlande, donnant l’impression que les deux pays forment un ensemble naturel. Cette présentation « package » simplifie la réalité et masque la profondeur culturelle de chaque peuple.
Une méconnaissance des langues et des identités
Beaucoup, pensent même que les langues sont proches ou similaires, alors qu’elles ont leurs propres racines, leur propre musicalité, et leur propre histoire. La langue khmère n’a rien à voir avec le thaï, mais ce genre de nuances demande une connaissance plus fine que ce que la plupart possèdent.
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En réalité, la relation entre le Cambodge et la Thaïlande est complexe, marquée par des tensions historiques, des rapports de pouvoir, des conflits territoriaux, et des questions d’appropriation culturelle. Les Occidentaux, souvent éloignés de ces réalités, se fient à une image simplifiée et exotisée de la région.
Comprendre cette différence, c’est aussi reconnaître la singularité du peuple khmer, de son histoire et de sa culture.
Boycott des SEA Games en Thaïlande : entre dignité, sécurité et identité khmère
Depuis l’annonce du boycott par les fédérations cambodgiennes de Kun Khmer et de billard, un débat s’est ouvert : faut-il participer aux Jeux d’Asie du Sud-Est organisés en Thaïlande, ou refuser d’y envoyer des athlètes par principe et par sécurité ?
Le privilège d’être “Français” ou “blanc” en Asie : comprendre un mécanisme d’attractivité fabriqué

Dans plusieurs pays d’Asie, et particulièrement au Cambodge, un phénomène revient sans cesse : les hommes européens ou simplement considérés comme “Français” bénéficient d’une attractivité sociale bien supérieure à celle qu’ils ont dans leur pays d’origine.
Ce privilège n’a rien de naturel.
Il ne vient ni de leur charme ni de leur personnalité.
Il repose sur un système historique qui continue d’exister dans les mentalités.
Une image héritée du passé colonial
Pendant des siècles, l’Occident a imposé des récits de supériorité : richesse, progrès, modernité, éducation.
Même si ces récits ne correspondent plus à la réalité, ils ont laissé des traces profondes dans le regard que certains pays portent encore sur les étrangers européens.
C’est ce qui fait qu’un homme ordinaire en France devient, dès qu’il arrive en Asie, quelqu’un de « rare », « intéressant ».
Cette attractivité ne vient pas de lui.
Elle vient de l’image symbolique attachée à sa nationalité.
Le passeport comme avantage social
Un simple passeport français peut suffire à changer la manière dont une personne est perçue. Il donne l’impression de stabilité financière, de sécurité, de culture, parfois même d’autorité.
Résultat :
• des comportements plus chaleureux
• une attention plus rapide
• un intérêt social instantané
• une valeur perçue plus élevée
Ce privilège peut sembler flatteur pour ceux qui en bénéficient, mais il repose sur une inégalité : un statut imposé, pas mérité.
Une attractivité qui n’a rien de romantique
Beaucoup d’hommes croient qu’ils « plaisent plus en Asie ». Ils pensent que c’est leur personnalité qui séduit.
En réalité, ce qu’on valorise, ce n’est pas l’individu. C’est son identité sociale.
Ce mécanisme crée une illusion de charme, alors qu’il ne s’agit que :
• d’un rapport de force hérité de l’histoire
• d’un fantasme sur l’Occident
• d’un avantage économique perçu
• d’un prestige associé à un pays
Ce n’est pas de l’amour.
Ce n’est pas une admiration sincère.
C’est une construction sociale.
Les conséquences pour les relations
Ce privilège fragilise les relations, parce qu’il fausse les intentions des deux côtés.
Pour la personne qui reçoit ce traitement particulier, cela peut créer un ego artificiel. Pour la personne qui admire ce statut, cela peut créer une dépendance affective ou financière.
Dans les deux cas, la relation ne repose plus sur deux individus égaux, mais sur un écart de statut. Cet écart devient la base du lien. Et tant qu’il existe, la relation reste déséquilibrée.
Pourquoi c’est important d’en parler
Nommer ce mécanisme permet de :
• comprendre les inégalités invisibles dans les relations mixtes
• reconnaître l’impact de l’histoire sur les comportements d’aujourd’hui
• éviter d’entretenir des illusions ou des malentendus
• rappeler que le statut ne doit jamais remplacer la valeur réelle d’une personne
Ce phénomène n’est pas lié à un pays en particulier, ni à une communauté. C’est un effet global, présent dans toute l’Asie, qui mérite d’être expliqué clairement pour que chacun puisse prendre du recul.
Mon avis personnel
Pour moi, ce comportement crée un vrai malaise. Il donne un sentiment d’humiliation difficile à ignorer.
Dans mon entourage, certains agissent de cette manière, et ce ne sont même pas des hommes mûrs. Ce sont des jeunes, de ma génération, qui vivent en France et qui se montrent fiers de ce qu’ils font au Cambodge.
Ils racontent comment ils plaisent facilement simplement parce qu’ils viennent de France, comment leur statut ouvre des portes, et ils s’en vantent comme si cela prouvait quelque chose. Cette fierté me gêne profondément.
Ce qui me choque surtout, c’est qu’ils ne voient même pas que les femmes qu’ils abordent pourraient être des personnes très proches d’eux. Non, ce qu’ils cherchent avant tout, c’est se sentir valorisés, admirés, mis en avant. Le respect de l’autre passe au second plan.
Cette attitude repose sur une illusion de supériorité et sur l’usage d’un privilège lié au statut français. C’est pour cela qu’il est important de le dire, parce que tant qu’on ne met pas de mots dessus, rien ne change. Ce n’est pas du désir partagé, ce n’est pas une relation, et ce n’est certainement pas une preuve de virilité. C’est simplement l’exploitation d’un pouvoir artificiel, rendu possible par leur statut.
Le problème n’est pas qu’ils aient une vie sexuelle. Le problème, c’est d’utiliser l’argent, le statut et la vulnérabilité locale pour obtenir ce qui leur serait refusé dans un pays où les femmes ont plus de droits, plus de liberté et plus de sécurité.
Tout cela crée un profond malaise, parce que cela révèle un comportement basé sur le sentiment de supériorité et sur la conviction qu’au Cambodge tout est permis.
Et c’est exactement pour cette raison qu’il faut le dénoncer : il n’y a rien de respectable là-dedans, rien de valorisant, rien dont on puisse être fier.
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