Une année 2570 enracinée dans le calendrier bouddhique
À l’occasion du Chaul Chnam Thmey, le Cambodge entre en l’an 2570. Un chiffre qui peut surprendre, puisqu’il dépasse de plus de 500 ans le calendrier occidental actuellement en 2026.
Cette différence s’explique par l’utilisation du calendrier bouddhique theravāda, en vigueur au Cambodge, au Laos et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Ce calendrier prend comme point de départ le Parinirvana du Bouddha, traditionnellement situé en 543 avant l’ère occidentale.
En ajoutant environ 543 ou 544 ans à l’année occidentale, on obtient ainsi l’année bouddhique khmère. L’année 2026 correspond donc à l’année 2570.
Deux repères, deux héritages
Cette différence de datation ne signifie pas un décalage dans le temps, mais simplement une autre manière de le mesurer.
Le calendrier occidental s’appuie sur la naissance de Jésus-Christ comme point de départ.
Le Cambodge, lui, s’inscrit dans un héritage bouddhique et spirituel.
Deux systèmes, deux références, deux visions du monde.
Aucun n’est supérieur à l’autre. Ils traduisent simplement des civilisations différentes et leurs propres repères historiques.
Une fête au-delà du simple changement de date
Le Nouvel An khmer ne se limite pas à un passage d’année. Il s’inscrit dans une continuité profonde entre spiritualité, mémoire collective, cycles naturels et traditions ancestrales.
C’est une célébration qui relie le passé au présent, tout en transmettant des valeurs essentielles aux générations suivantes.
Le choix du mois d’avril n’est pas anodin. Il correspond à la fin des récoltes, une période où les travaux agricoles sont terminés. Ce moment marque une transition naturelle, propice aux retrouvailles, aux rituels et aux célébrations.
Une temporalité vivante et transmise
À travers le Nouvel An khmer, c’est toute une vision du temps qui se transmet. Une vision où l’histoire, la spiritualité et la nature sont liées.
L’année 2570 n’est donc pas un simple chiffre. Elle incarne une continuité, un héritage et une manière propre au monde khmer de se situer dans le temps.
Dans cette logique, célébrer le Nouvel An khmer revient à faire vivre une mémoire, à perpétuer une tradition et à affirmer une identité culturelle ancrée dans une histoire millénaire.


