La Saint-Valentin, célébrée le 14 février, n’est pas une fête issue de la tradition khmère. Elle est apparue au Cambodge relativement tard, principalement à partir des années 1990–2000, avec l’ouverture du pays, l’arrivée massive des médias internationaux, puis des réseaux sociaux.

Historiquement, la culture khmère n’a jamais consacré une journée spécifique à l’amour romantique. Les relations amoureuses étaient surtout encadrées par la famille, la communauté et des règles sociales strictes.
Les rencontres se faisaient lors des fêtes traditionnelles, des cérémonies religieuses ou des travaux collectifs, sous le regard des anciens.
Une anecdote souvent rappelée par les aînés : dans les villages, il était courant que les jeunes se parlent à distance, parfois à la lumière d’une lampe à huile, sous la surveillance discrète d’un membre de la famille.
L’amour existait, mais il était contenu, progressif, rarement démonstratif.
Avec le temps, la Saint-Valentin a surtout trouvé sa place dans les zones urbaines comme Phnom Penh ou Siem Reap.

Elle est associée aujourd’hui aux fleurs, aux cadeaux, aux sorties et aux photos partagées en ligne.
Cette pratique coexiste avec les valeurs traditionnelles, sans pour autant les remplacer.
Il est aussi intéressant de noter que, certaines années, les autorités cambodgiennes ont rappelé que la Saint-Valentin n’était pas une fête nationale.
Non pour l’interdire, mais pour encourager les jeunes à ne pas confondre amour, pression sociale et imitation culturelle.
Au Cambodge, l’amour s’exprime traditionnellement sur le long terme :
dans le mariage, la responsabilité, le respect mutuel et la famille.

La Saint-Valentin devient alors un phénomène d’observation culturelle, révélateur des transformations sociales plus que d’un changement profond des valeurs.
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EFK | Eveil Franco-Khmer
