EFK – Eveil Franco-Khmer
Le Cambodge change vite. Sur une même photo, on peut voir un quartier populaire khmer en bas et, juste au-dessus, des tours de luxe qui touchent le ciel.
Beaucoup se demandent pourquoi l’État cambodgien laisse cette différence s’installer, alors que le pays a déjà vécu tant de fragilités.
La réponse n’est pas simple, mais elle repose sur plusieurs réalités très concrètes.
L’économie repose largement sur les investissements étrangers
Depuis les années 1990, le Cambodge attire les capitaux venant de l’extérieur.
Pour le gouvernement, chaque investissement représente :
• de l’argent qui arrive dans le pays
• des chantiers qui créent du travail
• des taxes et des projets immobiliers
• une image de modernisation
Le pays veut se développer vite.
Et pour cela, il accepte presque tous les projets qui permettent d’accélérer la croissance.
L’État n’a pas les moyens de tout contrôler
Le Cambodge reste un pays en développement.
Il manque :
• de ressources financières
• d’outils de contrôle des prix
• de protections sociales
• de lois strictes qui régulent les investisseurs
Résultat :
les quartiers riches montent très vite,
les quartiers pauvres restent en bas,
et le fossé se creuse.
Les expatriés et les touristes apportent de la consommation
Pour l’État, la présence étrangère signifie :
• restaurants qui tournent
• hôtels pleins
• écoles privées qui embauchent
• services qui se développent
• taxes et revenus réguliers
Tant que ces activités font entrer de l’argent, le gouvernement les laisse fonctionner.
Même si les locaux n’en profitent pas toujours.
Le Cambodge veut montrer une image de “pays moderne”
Les grandes tours, les résidences de luxe, les cafés internationaux :
tout cela sert à afficher une image de modernité.
Le pays veut attirer :
• investisseurs
• entreprises
• conventions
• projets internationaux
Les grands buildings deviennent une vitrine.
Et on tolère les contrastes tant que ça continue d’avancer.
Le manque de politiques sociales pour protéger les habitants
Le Cambodge n’a pas encore :
• de plafonnement des loyers
• de politiques publiques fortes contre la gentrification
• de programmes massifs de logement social
• de soutien réel aux familles des quartiers populaires
Les habitants se retrouvent donc parfois dépassés par la montée des prix.
Une vision où “celui qui investit fait avancer le pays”
Dans la manière de penser du gouvernement, un investisseur qu’il soit local ou étranger est une force économique.
Le système est construit autour de cette logique :
plus il y a d’argent, plus le pays grandit.
Même si, dans les faits, ce développement profite surtout à une minorité.
Conclusion
L’État cambodgien “laisse faire” non pas par négligence, mais parce qu’il privilégie la croissance économique rapide.
Le souci, c’est que cette croissance ne protège pas assez ceux qui vivent dans les quartiers populaires.
Le résultat est un contraste très fort :
un pays qui monte vers le luxe,
et un peuple qui, trop souvent, doit suivre derrière sans réel soutien.
Comprendre cela ne veut pas dire accepter.
Mais comprendre permet d’en parler clairement, sans confusion, et d’ouvrir les yeux sur les enjeux actuels du Cambodge.
