Le Maha Sangkranta marque l’ouverture du Nouvel An khmer, l’une des célébrations les plus importantes du Cambodge. Célébré chaque année au mois d’avril, il symbolise le passage à la nouvelle année solaire et occupe une place centrale dans la vie sociale, culturelle et spirituelle cambodgienne.
Aujourd’hui, cette fête traditionnelle fait l’objet d’une démarche officielle de reconnaissance au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, portée par les autorités cambodgiennes dans un contexte régional et culturel plus large.
Maha Sangkranta, bien plus qu’un simple Nouvel An
Le Maha Sangkranta ne se résume pas à une date calendaire. Il ouvre une période de plusieurs jours rythmée par :
– des rituels bouddhiques
– des offrandes et bénédictions
– des jeux traditionnels
– des danses et musiques populaires
– des rassemblements communautaires
Ces pratiques traduisent des valeurs fondamentales de la culture khmère : respect des aînés, renouveau, harmonie collective et continuité des traditions.

Une fête vivante et partagée
Le Nouvel An khmer est célébré dans tout le pays, mais aussi au sein de la diaspora. Il mobilise toutes les générations et s’adapte aux contextes urbains, ruraux ou communautaires, sans perdre son sens. Les danses, les jeux traditionnels et les rites associés au Maha Sangkranta continuent d’être transmis et pratiqués, faisant de cette célébration un patrimoine vivant, toujours en évolution.
Le contexte de la démarche de reconnaissance
En décembre 2023, l’UNESCO a inscrit le Nouvel An traditionnel thaïlandais (Songkran) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette annonce a suscité des réactions dans la région, notamment au Cambodge, où il a été rappelé que ces célébrations du Nouvel An solaire existent sous différentes formes en Asie du Sud-Est.
L’UNESCO reconnaît d’ailleurs que certaines traditions sont partagées entre plusieurs pays et encourage, lorsque cela est possible, des candidatures communes pour le patrimoine immatériel.
Dans ce contexte, le Cambodge a annoncé son intention de soumettre le Maha Sangkranta comme expression propre de sa tradition du Nouvel An khmer, avec une inscription envisagée à l’horizon 2026.
Une continuité après le mariage traditionnel khmer
Selon le calendrier établi, la candidature concernant le mariage traditionnel khmer doit être déposée en premier. Le dossier relatif au Maha Sangkranta devrait suivre immédiatement après. Si ces démarches aboutissent, elles viendront renforcer la reconnaissance internationale du patrimoine culturel immatériel cambodgien et souligner la diversité des traditions encore pratiquées aujourd’hui.
Pour de nombreux aînés et acteurs culturels, l’espoir est que les danses, les jeux traditionnels et les pratiques associées au Maha Sangkranta soient pleinement reconnus comme faisant partie intégrante de l’identité khmère.
