EFK – l’Éveil Franco-Khmer
La guerre franco siamoise est un conflit court, d’environ un an, entre octobre 1940 et mai 1941. Même s’il est bref, il marque profondément l’histoire des territoires khmers situés à l’ouest.
Contexte du conflit
En 1940, la France est affaiblie par la Seconde Guerre mondiale. L’Indochine est dirigée par le régime de Vichy, isolé et incapable de défendre ses positions.
Le Siam, dirigé par le maréchal Plaek Phibunsongkhram, revendique plusieurs provinces perdues au XIXᵉ siècle : Battambang, Sisophon et Siem Reap.
Bangkok considère que la faiblesse française est une occasion de reprendre ces territoires.
Début des tensions
À la fin de 1940, des affrontements éclatent à la frontière.
Le Siam lance ensuite une offensive terrestre et aérienne. Ses forces sont plus modernes et mieux préparées. L’armée française en Indochine, dispersée et mal équipée, subit rapidement des reculs.
La bataille navale la plus connue est celle de Ko Chang en janvier 1941. La marine française y remporte une victoire nette, mais ce succès militaire reste isolé et ne change pas l’issue politique du conflit.
Rôle décisif du Japon
Le Japon, déjà puissant dans la région, profite du conflit pour s’imposer comme arbitre.
En mai 1941, Tokyo impose un accord entre la France et le Siam. Cet accord est clairement en faveur du Siam.
Conséquences pour le Cambodge
C’est la partie la plus douloureuse pour l’histoire khmère.
• La France est forcée de céder plusieurs provinces khmères au Siam
• Battambang, Sisophon et Siem Reap passent sous administration siamoise
• Les populations khmères subissent un changement brutal d’autorité
• La culture locale, les noms de lieux et certaines pratiques sont modifiés ou effacés
Comme souvent à cette époque, le Cambodge n’a aucune voix dans ces décisions.
Son avenir territorial se négocie entre Paris, Bangkok et Tokyo, sans aucun représentant khmer.
Un épisode minimisé dans les récits officiels
La guerre franco siamoise est parfois décrite comme un simple “accrochage frontalier”. Pourtant, elle touche directement la continuité territoriale du Cambodge et son identité.
Elle s’inscrit dans une longue série d’accords faits sans consulter le peuple khmer.
Retour des provinces en 1946
Après la Seconde Guerre mondiale, sous pression internationale, les territoires sont restitués au Cambodge en 1946.
Mais cette année de domination siamoise laisse des traces profondes dans la mémoire collective.
