
Dans plusieurs pays d’Asie, et particulièrement au Cambodge, un phénomène revient sans cesse : les hommes européens ou simplement considérés comme “Français” bénéficient d’une attractivité sociale bien supérieure à celle qu’ils ont dans leur pays d’origine.
Ce privilège n’a rien de naturel.
Il ne vient ni de leur charme ni de leur personnalité.
Il repose sur un système historique qui continue d’exister dans les mentalités.
Une image héritée du passé colonial
Pendant des siècles, l’Occident a imposé des récits de supériorité : richesse, progrès, modernité, éducation.
Même si ces récits ne correspondent plus à la réalité, ils ont laissé des traces profondes dans le regard que certains pays portent encore sur les étrangers européens.
C’est ce qui fait qu’un homme ordinaire en France devient, dès qu’il arrive en Asie, quelqu’un de « rare », « intéressant ».
Cette attractivité ne vient pas de lui.
Elle vient de l’image symbolique attachée à sa nationalité.
Le passeport comme avantage social
Un simple passeport français peut suffire à changer la manière dont une personne est perçue. Il donne l’impression de stabilité financière, de sécurité, de culture, parfois même d’autorité.
Résultat :
• des comportements plus chaleureux
• une attention plus rapide
• un intérêt social instantané
• une valeur perçue plus élevée
Ce privilège peut sembler flatteur pour ceux qui en bénéficient, mais il repose sur une inégalité : un statut imposé, pas mérité.
Une attractivité qui n’a rien de romantique
Beaucoup d’hommes croient qu’ils « plaisent plus en Asie ». Ils pensent que c’est leur personnalité qui séduit.
En réalité, ce qu’on valorise, ce n’est pas l’individu. C’est son identité sociale.
Ce mécanisme crée une illusion de charme, alors qu’il ne s’agit que :
• d’un rapport de force hérité de l’histoire
• d’un fantasme sur l’Occident
• d’un avantage économique perçu
• d’un prestige associé à un pays
Ce n’est pas de l’amour.
Ce n’est pas une admiration sincère.
C’est une construction sociale.
Les conséquences pour les relations
Ce privilège fragilise les relations, parce qu’il fausse les intentions des deux côtés.
Pour la personne qui reçoit ce traitement particulier, cela peut créer un ego artificiel. Pour la personne qui admire ce statut, cela peut créer une dépendance affective ou financière.
Dans les deux cas, la relation ne repose plus sur deux individus égaux, mais sur un écart de statut. Cet écart devient la base du lien. Et tant qu’il existe, la relation reste déséquilibrée.
Pourquoi c’est important d’en parler
Nommer ce mécanisme permet de :
• comprendre les inégalités invisibles dans les relations mixtes
• reconnaître l’impact de l’histoire sur les comportements d’aujourd’hui
• éviter d’entretenir des illusions ou des malentendus
• rappeler que le statut ne doit jamais remplacer la valeur réelle d’une personne
Ce phénomène n’est pas lié à un pays en particulier, ni à une communauté. C’est un effet global, présent dans toute l’Asie, qui mérite d’être expliqué clairement pour que chacun puisse prendre du recul.
Mon avis personnel
Pour moi, ce comportement crée un vrai malaise. Il donne un sentiment d’humiliation difficile à ignorer.
Dans mon entourage, certains agissent de cette manière, et ce ne sont même pas des hommes mûrs. Ce sont des jeunes, de ma génération, qui vivent en France et qui se montrent fiers de ce qu’ils font au Cambodge.
Ils racontent comment ils plaisent facilement simplement parce qu’ils viennent de France, comment leur statut ouvre des portes, et ils s’en vantent comme si cela prouvait quelque chose. Cette fierté me gêne profondément.
Ce qui me choque surtout, c’est qu’ils ne voient même pas que les femmes qu’ils abordent pourraient être des personnes très proches d’eux. Non, ce qu’ils cherchent avant tout, c’est se sentir valorisés, admirés, mis en avant. Le respect de l’autre passe au second plan.
Cette attitude repose sur une illusion de supériorité et sur l’usage d’un privilège lié au statut français. C’est pour cela qu’il est important de le dire, parce que tant qu’on ne met pas de mots dessus, rien ne change. Ce n’est pas du désir partagé, ce n’est pas une relation, et ce n’est certainement pas une preuve de virilité. C’est simplement l’exploitation d’un pouvoir artificiel, rendu possible par leur statut.
Le problème n’est pas qu’ils aient une vie sexuelle. Le problème, c’est d’utiliser l’argent, le statut et la vulnérabilité locale pour obtenir ce qui leur serait refusé dans un pays où les femmes ont plus de droits, plus de liberté et plus de sécurité.
Tout cela crée un profond malaise, parce que cela révèle un comportement basé sur le sentiment de supériorité et sur la conviction qu’au Cambodge tout est permis.
Et c’est exactement pour cette raison qu’il faut le dénoncer : il n’y a rien de respectable là-dedans, rien de valorisant, rien dont on puisse être fier.