Boycott thaïlandais : pourquoi la diaspora khmère choisit de ne plus consommer thaïlandais

Manifestant tenant une pancarte appelant à arrêter d’utiliser les produits thaïlandais, avec une foule marchant derrière lui lors d’un boycott pacifique.
Des manifestants dénoncent l’utilisation des produits thaïlandais en signe de soutien au Cambodge.

Quand consommer devient un choix politique

Depuis quelque temps, une idée revient souvent dans les discussions entre Khmers, que ce soit en France ou ailleurs dans la diaspora : faut-il continuer à consommer des produits thaïlandais alors que le Cambodge traverse une période de tension avec ce pays voisin

Pour beaucoup, la réponse est non.
– Pas par haine.
– Pas par extrême.
– Mais par cohérence.

Chaque produit importé, chaque série thaïlandaise regardée, chaque cosmétique acheté fait circuler de l’argent. Une petite partie revient forcément au pays d’origine. Et quand ce pays est impliqué dans un conflit ou adopte une position hostile, certains Khmers préfèrent dire stop.

Ce n’est pas un geste violent. C’est un message.

Être diaspora, ce n’est pas être loin

Une chose revient souvent dans la communauté khmère de France. On vit ici, on construit nos vies ici, mais dès qu’il se passe quelque chose au Cambodge, on ressent quand même un lien. Il y a une forme de devoir moral, un instinct même, qui rappelle que nos origines ne disparaissent pas parce qu’on vit ailleurs.

Le problème, c’est que dans la nouvelle génération franco khmère, beaucoup ne suivent pas.
– Certains n’ont aucun avis.
– Certains répètent ce qu’ils entendent à la maison.
– D’autres ne se sentent pas concernés du tout.

Et ça, pour beaucoup d’entre nous, c’est difficile à voir. Parce que si la diaspora se détache, qui restera pour protéger la culture khmère dans quelques années.

La culture khmère se fragilise, doucement mais sûrement

Ce boycott soulève quelque chose de plus profond encore.
Un vrai malaise identitaire.

– Les traditions se perdent.
– La langue se perd.
– Les savoirs se perdent.

Et dans les familles mixtes, tout dépend de qui transmet. Dans beaucoup de cas, c’est la mère qui éduque. Si elle n’est pas khmère, si elle n’a pas reçu la culture, alors l’enfant n’en aura presque rien. Et si le père lui-même ne maîtrise pas sa culture, la transmission devient impossible.

Ce n’est pas une question de rejeter qui que ce soit. C’est un constat sur la fragilité d’une culture déjà marquée par son histoire.

Pour des communautés petites comme la nôtre, la préservation passe souvent par des choix communautaires. Oui, ça peut paraître strict. Oui, ça peut sembler fermé. Mais quand une culture est menacée, ce sont souvent les communautés les plus soudées qui survivent.

Ce que le boycott représente vraiment

Ne pas acheter thaïlandais n’est pas une haine envers les individus.
Ce n’est pas une guerre entre peuples.
Ce n’est pas un appel à la violence.

C’est un geste symbolique.

C’est dire :
« Je fais attention à ce que je soutiens.
Je reste fidèle à mon histoire.
Je ne tourne pas le dos à mon pays. »

Nous, Khmers de la diaspora, ne pouvons pas agir depuis la frontière.
Mais nous pouvons choisir ce que nous consommons.

Mon avis personnel

Pour moi, le boycott thaïlandais, ce n’est pas extrême. C’est une position qui protège notre cohérence.

On ne peut pas dire qu’on soutient la nation si, en même temps, on finance un pays qui s’y oppose. Même symboliquement, même légèrement, ça compte.

Et surtout, c’est une manière de rappeler quelque chose que beaucoup oublient.
La culture khmère ne disparaît pas du jour au lendemain. Elle disparaît lentement, quand on arrête de la défendre.

Alors oui, pour moi, c’est normal que la diaspora fasse attention à ce qu’elle consomme. C’est une question de respect. De mémoire. Et de fidélité envers nos racines.

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