Rassemblement du 3 janvier 2026

Rassemblement pacifique de la communauté cambodgienne à Lyon, place Bellecour, avec des manifestants tenant des drapeaux du Cambodge et des pancartes demandant justice, reconnaissance des agressions et paix durable pour le Cambodge.

Ce 3 janvier 2026, un rassemblement pacifique s’est tenu pour le Cambodge. Un moment simple, sans excès, mais profondément chargé de sens.

Des membres de la communauté cambodgienne, ainsi que des personnes solidaires, ont répondu présents pour exprimer un soutien clair au peuple cambodgien et pour dénoncer les violences commises sur le territoire cambodgien.

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Pourquoi certaines personnes pensent que la Thaïlande et le Cambodge sont des “pays frères”

Silhouette de deux personnes vues de dos, l’une portant le drapeau cambodgien et l’autre le drapeau thaïlandais, symbolisant deux identités distinctes.
Deux silhouettes symbolisant la proximité géographique du Cambodge et de la Thaïlande, sans pour autant refléter une relation de “pays frères”.

Il existe une idée tenace chez de nombreux personnes : celle que la Thaïlande et le Cambodge seraient des pays “frères”, proches et presque identiques. Cette perception, pourtant éloignée de la réalité historique et culturelle, vient surtout d’un manque de connaissances précises sur l’Asie du Sud-Est.

Une vision trop simplifiée de la région

Pour beaucoup de personnes en Occident, l’Asie du Sud-Est est perçue comme un seul bloc où tout semble se ressembler. Les différences entre les peuples, les langues, les identités et les histoires sont souvent peu connues. Cette généralisation crée la fausse idée que des pays voisins seraient naturellement proches, alors que la géographie ne suffit pas à expliquer une relation.

La religion comme point d’amalgame

Le fait que le Cambodge et la Thaïlande pratiquent majoritairement le bouddhisme theravada renforce aussi cette confusion. Certains pensent que partager une religion implique une fraternité culturelle. Pourtant, les traditions, les valeurs et les pratiques bouddhistes diffèrent largement d’un pays à l’autre, et ne suffisent pas à effacer les nuances qui font l’identité khmère ou thaïlandaise.

Un manque de connaissance historique

Très peu d’Occidentaux connaissent réellement l’histoire complexe qui lie le Cambodge et la Thaïlande. Les conflits, les tensions, les rivalités politiques, les manipulations historiques, ou encore les questions autour des temples et du patrimoine culturel ne sont presque jamais abordés dans les médias occidentaux. Sans ces connaissances, il est facile pour eux de imaginer une relation « fraternelle » qui n’a jamais vraiment existé.

L’image touristique qui entretient la confusion

L’industrie du tourisme joue aussi un rôle. Les circuits organisés proposent souvent des voyages combinés Cambodge–Thaïlande, donnant l’impression que les deux pays forment un ensemble naturel. Cette présentation « package » simplifie la réalité et masque la profondeur culturelle de chaque peuple.

Une méconnaissance des langues et des identités

Beaucoup, pensent même que les langues sont proches ou similaires, alors qu’elles ont leurs propres racines, leur propre musicalité, et leur propre histoire. La langue khmère n’a rien à voir avec le thaï, mais ce genre de nuances demande une connaissance plus fine que ce que la plupart possèdent.

En réalité, la relation entre le Cambodge et la Thaïlande est complexe, marquée par des tensions historiques, des rapports de pouvoir, des conflits territoriaux, et des questions d’appropriation culturelle. Les Occidentaux, souvent éloignés de ces réalités, se fient à une image simplifiée et exotisée de la région.

Comprendre cette différence, c’est aussi reconnaître la singularité du peuple khmer, de son histoire et de sa culture.

Le privilège d’être “Français” ou “blanc” en Asie : comprendre un mécanisme d’attractivité fabriqué

Passeport français posé sur une table en bois avec en arrière-plan flou un marché cambodgien.
Un passeport français face à la réalité d’un marché cambodgien, symbole du décalage entre statut, privilège et contexte local.

Dans plusieurs pays d’Asie, et particulièrement au Cambodge, un phénomène revient sans cesse : les hommes européens ou simplement considérés comme “Français” bénéficient d’une attractivité sociale bien supérieure à celle qu’ils ont dans leur pays d’origine.
Ce privilège n’a rien de naturel.
Il ne vient ni de leur charme ni de leur personnalité.
Il repose sur un système historique qui continue d’exister dans les mentalités.

Une image héritée du passé colonial

Pendant des siècles, l’Occident a imposé des récits de supériorité : richesse, progrès, modernité, éducation.
Même si ces récits ne correspondent plus à la réalité, ils ont laissé des traces profondes dans le regard que certains pays portent encore sur les étrangers européens.

C’est ce qui fait qu’un homme ordinaire en France devient, dès qu’il arrive en Asie, quelqu’un de « rare », « intéressant ».
Cette attractivité ne vient pas de lui.
Elle vient de l’image symbolique attachée à sa nationalité.

Le passeport comme avantage social

Un simple passeport français peut suffire à changer la manière dont une personne est perçue. Il donne l’impression de stabilité financière, de sécurité, de culture, parfois même d’autorité.

Résultat :

• des comportements plus chaleureux
• une attention plus rapide
• un intérêt social instantané
• une valeur perçue plus élevée

Ce privilège peut sembler flatteur pour ceux qui en bénéficient, mais il repose sur une inégalité : un statut imposé, pas mérité.

Une attractivité qui n’a rien de romantique

Beaucoup d’hommes croient qu’ils « plaisent plus en Asie ». Ils pensent que c’est leur personnalité qui séduit.

En réalité, ce qu’on valorise, ce n’est pas l’individu. C’est son identité sociale.

Ce mécanisme crée une illusion de charme, alors qu’il ne s’agit que :

• d’un rapport de force hérité de l’histoire
• d’un fantasme sur l’Occident
• d’un avantage économique perçu
• d’un prestige associé à un pays

Ce n’est pas de l’amour.
Ce n’est pas une admiration sincère.
C’est une construction sociale.

Les conséquences pour les relations

Ce privilège fragilise les relations, parce qu’il fausse les intentions des deux côtés.

Pour la personne qui reçoit ce traitement particulier, cela peut créer un ego artificiel. Pour la personne qui admire ce statut, cela peut créer une dépendance affective ou financière.

Dans les deux cas, la relation ne repose plus sur deux individus égaux, mais sur un écart de statut. Cet écart devient la base du lien. Et tant qu’il existe, la relation reste déséquilibrée.

Pourquoi c’est important d’en parler

Nommer ce mécanisme permet de :

• comprendre les inégalités invisibles dans les relations mixtes
• reconnaître l’impact de l’histoire sur les comportements d’aujourd’hui
• éviter d’entretenir des illusions ou des malentendus
• rappeler que le statut ne doit jamais remplacer la valeur réelle d’une personne

Ce phénomène n’est pas lié à un pays en particulier, ni à une communauté. C’est un effet global, présent dans toute l’Asie, qui mérite d’être expliqué clairement pour que chacun puisse prendre du recul.

Mon avis personnel

Pour moi, ce comportement crée un vrai malaise. Il donne un sentiment d’humiliation difficile à ignorer.
Dans mon entourage, certains agissent de cette manière, et ce ne sont même pas des hommes mûrs. Ce sont des jeunes, de ma génération, qui vivent en France et qui se montrent fiers de ce qu’ils font au Cambodge.

Ils racontent comment ils plaisent facilement simplement parce qu’ils viennent de France, comment leur statut ouvre des portes, et ils s’en vantent comme si cela prouvait quelque chose. Cette fierté me gêne profondément.

Ce qui me choque surtout, c’est qu’ils ne voient même pas que les femmes qu’ils abordent pourraient être des personnes très proches d’eux. Non, ce qu’ils cherchent avant tout, c’est se sentir valorisés, admirés, mis en avant. Le respect de l’autre passe au second plan.

Cette attitude repose sur une illusion de supériorité et sur l’usage d’un privilège lié au statut français. C’est pour cela qu’il est important de le dire, parce que tant qu’on ne met pas de mots dessus, rien ne change. Ce n’est pas du désir partagé, ce n’est pas une relation, et ce n’est certainement pas une preuve de virilité. C’est simplement l’exploitation d’un pouvoir artificiel, rendu possible par leur statut.

Le problème n’est pas qu’ils aient une vie sexuelle. Le problème, c’est d’utiliser l’argent, le statut et la vulnérabilité locale pour obtenir ce qui leur serait refusé dans un pays où les femmes ont plus de droits, plus de liberté et plus de sécurité.

Tout cela crée un profond malaise, parce que cela révèle un comportement basé sur le sentiment de supériorité et sur la conviction qu’au Cambodge tout est permis.
Et c’est exactement pour cette raison qu’il faut le dénoncer : il n’y a rien de respectable là-dedans, rien de valorisant, rien dont on puisse être fier.

Boycott thaïlandais : pourquoi la diaspora khmère choisit de ne plus consommer thaïlandais

Quand consommer devient un choix politique

Depuis quelque temps, une idée revient souvent dans les discussions entre Khmers, que ce soit en France ou ailleurs dans la diaspora : faut-il continuer à consommer des produits thaïlandais alors que le Cambodge traverse une période de tension avec ce pays voisin

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La pédophilie au Cambodge

Un enfant tenant la main d’un adulte pendant qu’ils marchent sur un chemin.
Un enfant et un adulte marchant côte à côte, symbole de guidance et de protection.

Un fléau importé, né de l’histoire et des vulnérabilités du pays

La pédophilie au Cambodge est un sujet lourd, douloureux et trop souvent mal compris. Beaucoup croient à tort que ce problème vient de la culture locale ou des familles cambodgiennes.
La réalité est tout autre.
Ce phénomène s’est développé parce que le Cambodge a été fragilisé par des traumatismes historiques, puis exploité par des criminels étrangers profitant de l’absence de protection suffisante.

Cet article a pour objectif de comprendre, dénoncer et rétablir la vérité.

Un pays affaibli par la guerre et les traumatismes

Durant la seconde moitié du XXᵉ siècle, le Cambodge a traversé une succession de catastrophes, guerre civile, bombardements massifs, génocide des Khmers rouges, reconstruction lente et douloureuse

Ces événements ont détruit les structures sociales. Ils ont affaibli l’État, les lois, l’éducation, la sécurité.
Dans ce contexte, les réseaux criminels internationaux ont trouvé un pays où ils pensaient pouvoir agir librement.

La pauvreté, une porte d’entrée pour les prédateurs

Après 1979, la majorité de la population vivait dans une pauvreté extrême.
Quand un pays est pauvre, les familles sont vulnérables, les enfants sont exposés, les protections sont limitées et les criminels venus de l’extérieur ont plus de facilité à imposer leur domination.

Ce n’est pas la culture khmère qui a créé ce problème. Ce sont des prédateurs étrangers qui ont profité de la misère et du désespoir des familles.

Le tourisme occidental et le “tourisme sexuel” des années 90

Avec la paix et l’ouverture du pays dans les années 1990, les touristes occidentaux sont revenus en masse. Parmi eux
la majorité venaient découvrir la culture
mais une minorité dangereuse venait pour exploiter des enfants.

Le Cambodge a alors été ciblé par certains criminels européens, américains, australiens.
Ils avaient compris que dans un pays en reconstruction, les lois étaient encore jeunes, parfois mal appliquées, et la corruption facile à exploiter.

C’est à cette période que le Cambodge a acquis une réputation dévastatrice dans les médias internationaux, non pas à cause des Khmers, mais à cause de criminels venus de l’extérieur.

Les traces du colonialisme : un sentiment d’impunité

Sous la colonisation française, les Occidentaux avaient un statut supérieur. Même après l’indépendance, certains visiteurs ont continué à se comporter comme s’ils étaient « au-dessus » des lois locales.
Ce regard paternaliste a nourri l’idée qu’un étranger pouvait tout se permettre, sans être inquiété.

Cette mentalité, héritée d’une époque coloniale, a encouragé des comportements abusifs qui ont eu des conséquences dramatiques.

Un système juridique longtemps fragile

Pendant de nombreuses années, manque de formation, manque de moyens, faible coordination avec l’étranger et corruption ponctuelle ont empêché les institutions cambodgiennes de lutter efficacement contre ce fléau.

Heureusement, les choses changent. Depuis plus de dix ans, le Cambodge collabore avec Interpol, des ONG internationales et applique des lois plus strictes. Plusieurs prédateurs étrangers ont été arrêtés, condamnés ou expulsés.

Un point essentiel : ce n’est pas culturel

Il est crucial de le rappeler avec force.
La pédophilie n’a rien à voir avec la culture khmère. Elle n’est pas tolérée dans les familles. Elle n’est pas normale.
Elle n’est pas inscrite dans les traditions.

Ce phénomène s’est développé à cause
de la pauvreté, des traumatismes historiques, de l’exploitation par des criminels étrangers
et d’un système affaibli par des décennies de chaos.

Le peuple khmer en est victime, pas responsable.

Conclusion

Dénoncer la pédophilie au Cambodge, c’est rétablir une vérité essentielle.
Ce n’est pas un problème khmer.
C’est un problème imposé aux Khmers, importé et amplifié par des facteurs historiques et internationaux.

Le Cambodge se renforce, se protège davantage, et continue de lutter.
Mais le rôle des diasporas et des voix khmères est indispensable pour briser les stéréotypes, combattre les prédateurs et redonner la dignité au peuple cambodgien.