EFK – Éveil Franco-Khmer
Le Cambodge avance, se modernise, construit, ouvre des routes, attire des investisseurs… mais malgré cela, les services publics restent fragiles.
Écoles manquantes, hôpitaux débordés, routes inégales, manque de personnel formé : beaucoup de familles khmères vivent encore avec des services essentiels insuffisants.
Pourquoi ce décalage existe encore aujourd’hui ?
Voici les raisons principales, expliquées simplement.
Un pays qui a dû se relever après des destructions massives
Pendant plusieurs décennies, le Cambodge a perdu :
• ses enseignants
• ses médecins
• ses ingénieurs
• ses fonctionnaires
Le système entier a dû être reconstruit presque à zéro.
Cette rupture historique a créé un retard que le pays n’a jamais vraiment pu rattraper.
Il manque encore aujourd’hui du personnel qualifié dans tous les domaines publics.
Un budget national trop faible
Le Cambodge a un budget public beaucoup plus bas que la plupart des pays de la région.
Avec peu d’argent, l’État doit prioriser :
• routes
• sécurité
• grands projets économiques
Les écoles, les centres de santé et les services sociaux n’ont pas toujours les moyens nécessaires pour bien fonctionner.
Une population jeune et en croissance rapide
Le Cambodge a l’une des populations les plus jeunes d’Asie.
Chaque année :
• des milliers d’enfants entrent à l’école
• des milliers de jeunes deviennent adultes
• la demande en services publics explose
Le pays n’arrive pas à construire suffisamment vite pour suivre le rythme.
La fuite des compétences vers le privé ou l’étranger
Quand un médecin, un infirmier ou un professeur est qualifié, il gagne :
• mieux dans le privé
• mieux dans les ONG
• beaucoup mieux en travaillant à l’étranger
Résultat :
• les hôpitaux publics manquent de personnel
• les écoles manquent d’enseignants formés
• les infrastructures manquent de techniciens
• les talents quittent l’État dès qu’une meilleure opportunité se présente
Une forte influence du secteur privé
La santé privée, les écoles privées et les universités privées se développent très vite.
Pour ceux qui ont les moyens, c’est plus rapide et plus confortable.
Conséquence directe :
• l’État s’investit moins dans certaines zones
• les familles pauvres se retrouvent avec des services publics limités
• les inégalités se renforcent
Les campagnes restent très en retard
La majorité des investissements publics se concentrent autour de :
• Phnom Penh
• Sihanoukville
• Siem Reap
Dans les provinces rurales :
• les routes sont difficiles
• les écoles sont parfois trop loin
• l’accès aux soins est limité
• les services essentiels manquent
Les familles doivent se débrouiller seules, ou compter sur les ONG.
Une dépendance historique aux ONG
Depuis plus de 30 ans, les ONG couvrent une partie du travail :
• formation des enseignants
• construction d’écoles
• équipements médicaux
• programmes pour les enfants
• aide sociale
Cette présence importante a empêché l’État de développer un système public solide, car les ONG ont pris le relais dans les zones les plus difficiles.
Conclusion
Les services publics cambodgiens sont limités non pas par manque de volonté, mais par un ensemble de facteurs :
un passé traumatique, un budget faible, la fuite des compétences, la pression démographique et la présence massive du secteur privé.
Le résultat, c’est un pays qui avance, mais qui avance à deux vitesses.
D’un côté, les grandes villes brillent.
De l’autre, de nombreuses familles attendent encore des écoles solides, des routes dignes, et des soins accessibles.
Comprendre ces limites permet de mieux voir les vrais défis du Cambodge d’aujourd’hui.
