EFK – Éveil Franco-Khmer
Le Cambodge avance vite, mais une réalité reste lourde : les jeunes Khmers n’ont pas les mêmes opportunités que les étrangers, même lorsqu’ils sont motivés, compétents et prêts à travailler dur.
Ces inégalités ne viennent pas d’un manque de valeur des jeunes Khmers, mais d’un système qui les désavantage dès le départ.
Les étrangers sont perçus comme 《plus compétents》
Dans beaucoup d’entreprises, d’ONG et de structures privées, un étranger inspire automatiquement plus de confiance.
Leur passeport, leur anglais, leur CV étranger créent une illusion de compétence supérieure, même lorsqu’ils n’ont pas d’expérience solide.
Les jeunes Khmers doivent prouver beaucoup plus pour être pris au sérieux.
La barrière de l’anglais exclut beaucoup de jeunes
Toutes les familles ne peuvent pas payer une école privée ou un centre de langues.
Les écoles publiques n’ont pas toujours les moyens d’enseigner l’anglais correctement.
Un jeune peut être brillant, mais s’il ne maîtrise pas l’anglais, il est souvent écarté avant même un entretien.
Les ONG favorisent leurs propres étudiants et volontaires étrangers
Les ONG accueillent régulièrement :
• des stagiaires européens,
• des volontaires étrangers,
• des coordinateurs venus de l’extérieur.
Les Khmers, eux, sont souvent cantonnés à des rôles secondaires : interprètes, assistants, agents de terrain.
Les décisions restent rarement entre leurs mains.
Les salaires sont profondément inéquitables
Un étranger reçoit souvent un salaire bien plus élevé pour le même poste.
À cela s’ajoutent : assurances, logement, transport. Un jeune Khmer, lui, reçoit un salaire “local”, même lorsqu’il travaille mieux. Cette inégalité décourage beaucoup de talents.
L’accès à la formation est très inégal
Les étrangers arrivent avec :
• une éducation solide,
• des diplômes reconnus,
• un accès facile à des ressources en ligne,
• des certifications internationales.
Les jeunes Khmers, surtout dans les provinces, n’ont pas toujours les mêmes outils pour se préparer à des emplois qualifiés. Ils doivent travailler dix fois plus pour atteindre un niveau similaire.
Le poids des responsabilités familiales
Un étranger arrive léger, sans obligations.
Un jeune Khmer, lui, porte souvent la responsabilité :
• d’aider ses parents,
• d’envoyer de l’argent,
• de soutenir ses frères et sœurs.
Cette pression financière rend difficile le choix d’un stage mal payé ou d’une formation longue.
Un système pensé pour attirer l’extérieur
Le Cambodge valorise énormément l’arrivée d’étrangers : investisseurs, travailleurs qualifiés, volontaires. Le pays se structure souvent pour répondre à leurs besoins. Les jeunes Khmers doivent ensuite s’adapter à un modèle qui ne les place pas au centre.
Conclusion
Les jeunes Khmers ne manquent ni d’intelligence, ni de potentiel, ni de courage. Ce qu’ils manquent, ce sont les mêmes opportunités, les mêmes conditions, et la même reconnaissance que les étrangers. Le problème n’est pas dans la jeunesse khmère.
Il est dans un système qui ne leur donne pas encore les mêmes armes pour réussir.
