L’expatriation occidentale dans les pays asiatiques est souvent présentée comme quelque chose de positif : investissements, projets, dynamisme économique. Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe. Pour les habitants, l’arrivée massive d’expatriés crée des déséquilibres qui touchent directement la vie quotidienne, l’accès au logement, le coût de la vie, et même l’identité culturelle du pays.
Une hausse du coût de la vie difficile à supporter
Quand les expatriés s’installent dans un pays où le salaire moyen est faible, leurs revenus plus élevés changent les prix. Les loyers augmentent dans les quartiers populaires, les commerces s’adaptent aux porte-monnaie occidentaux, et les habitants finissent par ne plus pouvoir vivre dans leur propre quartier. Au Cambodge, cette pression immobilière est devenue très visible à Phnom Penh, où certains districts se sont transformés en zones à loyers inaccessibles pour les familles khmères.
Une “mini-occidentalisation” qui remplace les repères locaux
Dans de nombreux pays, l’arrivée d’expats crée des “bulles” : cafés français, restaurants occidentaux, boutiques importées, services pour expats. Ces espaces finissent par repousser les commerces traditionnels et modifient l’ambiance d’un quartier. Cette transformation donne l’impression que certaines parties de la ville ne ressemblent plus à la culture du pays, mais à des copies d’Europe ou d’Australie.
C’est un déracinement silencieux.
Une arrogance quotidienne difficile à vivre pour les locaux
Même si tous les expatriés ne se comportent pas mal, une partie d’entre eux arrive avec une attitude de supériorité. Ils parlent mal aux vendeurs, se plaignent des “standards locaux”, exigent que tout soit fait comme dans leur pays. Pour les habitants, cela crée une sensation très lourde : celle d’être “chez soi”, mais regardé comme si on était inférieur.
Ce comportement ravive des souvenirs coloniaux et entretient des tensions invisibles.
Une intégration quasi inexistante
Beaucoup d’expatriés vivent au Cambodge sans vraiment connaître la culture, la langue ou les codes du pays. Ils restent entre eux, fréquentent leurs propres lieux, et ne s’intéressent pas au mode de vie local. Cela crée un fossé : deux mondes qui coexistent, mais qui ne se rencontrent jamais vraiment.
Cette absence d’intégration donne l’impression que les étrangers profitent du pays, sans chercher à honorer les gens qui y vivent.
Une économie qui profite plus aux étrangers qu’aux habitants
De nombreuses entreprises, écoles, boulangeries, hôtels ou bars ouverts par des Occidentaux ciblent surtout des expats et des touristes.
Les bénéfices repartent souvent à l’étranger.
Les salaires locaux restent bas.
Et les habitants voient leur propre ville transformée sans que l’impact positif leur revienne réellement.
Une perte de sécurité culturelle
Quand l’influence étrangère devient trop visible, certains pays commencent à douter d’eux-mêmes. Les traditions sont moins pratiquées dans certains quartiers, les jeunes sont attirés par le mode de vie occidental, et les repères traditionnels se fragilisent.
Pour un peuple qui a déjà vécu des pertes territoriales et des effacements culturels, comme les Khmers, cette nouvelle forme d’influence peut être vécue comme un danger silencieux.
Conclusion
L’expatriation occidentale n’est pas un problème en soi.
Le problème, c’est son impact réel sur le quotidien des habitants.
Quand on s’installe dans un pays, on doit le respecter, s’adapter à ses codes et reconnaître qu’on est invité.
Le Cambodge, comme d’autres pays asiatiques, mérite que celles et ceux qui viennent y vivre comprennent cette responsabilité.
Parce que derrière chaque rue qui change, chaque commerce remplacé, chaque hausse de prix, il y a des familles locales qui perdent un morceau de leur vie.
