EFK – Éveil Franco-Khmer
De plus en plus d’étudiants français arrivent au Cambodge pour faire un stage, une mission humanitaire ou une formation courte. Pour beaucoup, cela paraît flatteur : le pays attire, il intéresse, il semble devenir une “destination d’expérience”.
Mais derrière cette apparence, la réalité est plus nuancée.
Ce phénomène est à la fois utile sur certains points… et problématique sur d’autres.
Pourquoi ces étudiants viennent au Cambodge ?
Les raisons sont simples et très pratiques pour eux :
■ Les stages sont plus faciles à obtenir
En France, les places sont limitées et très exigeantes. Au Cambodge, les ONG et institutions acceptent plus facilement les étudiants étrangers, même avec peu d’expérience.
■ La vie coûte moins cher
Logement, nourriture, déplacements.
Tout est plus abordable qu’en Europe.
■ Leur CV est “valorisé”
Un stage en Asie donne une image moderne, engagée, ouverte.
C’est un avantage pour trouver un travail ensuite.
■ Les écoles françaises ont des partenaires au Cambodge
Certaines ONG accueillent ces étudiants chaque année, en partenariat direct avec des universités européennes
■ Le pays ne met presque aucune barrière administrative : Visa simple, procédures rapides, grande flexibilité.
Pour eux, c’est un choix pratique.
Pour le Cambodge, c’est plus complexe.
Est-ce positif pour le pays ?
Les points positifs (même s’ils sont limités)
• un peu de main-d’œuvre pour les ONG
• des jeunes motivés qui veulent apprendre
• plus de visibilité internationale pour le Cambodge
• quelques dépenses locales (restaurants, transports)
• certains reviennent plus tard comme bénévoles ou partenaires
Ce n’est pas négligeable.
Mais ce n’est pas non plus ce qui transforme réellement le pays.
Les points négatifs (les plus importants)
Ils viennent pour eux, pas pour le Cambodge
Leur objectif principal est personnel : valider un diplôme, voyager, découvrir.
Le Cambodge devient un terrain d’expérience. Pas un pays auquel on rend vraiment service.
Ils prennent parfois la place de jeunes Khmers
Dans certaines ONG, les étudiants occidentaux obtiennent des stages que des jeunes cambodgiens mériteraient aussi.
Ce déséquilibre prive les Khmers d’opportunités.
Cela renforce l’idée que “l’expertise vient de l’Occident”
Même sans le vouloir, leur présence crée un message invisible :
“Les étrangers sont là pour apporter les solutions.”
Alors que les Khmers ont les compétences, mais pas toujours la chance.
Ils restent très peu de temps
Quelques semaines ou quelques mois.
Insuffisant pour comprendre la culture ou contribuer réellement à un projet.
Ils manquent parfois de sensibilité culturelle
Photos d’enfants, discours maladroits, comportements déplacés sans intention.
Des petites choses qui blessent sans qu’ils s’en rendent compte.
Conclusion
Ce phénomène n’est ni totalement négatif, ni totalement positif.
Il montre surtout une chose :
le Cambodge attire parce qu’il offre des facilités que les étudiants français ne trouvent pas chez eux.
Mais le pays n’en tire pas toujours les bénéfices qu’il devrait.
Pour que ce soit réellement utile au Cambodge, il faudrait :
• mieux former les étudiants avant leur départ
• créer plus de stages pour les jeunes Khmers
• renforcer l’expertise locale
• faire en sorte que les projets servent vraiment les communautés, et pas seulement les CV européens.
En parler, c’est déjà commencer à rééquilibrer les choses.
